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Clerc Milon

14/05/2019
de retour sur scène

Sous la tutelle de Mouton Rothschild, longtemps dans l’ombre de son aîné, Clerc Milon, 5ème Cru Classé de Pauillac, a retrouvé sa grâce. Une gestion rigoureuse, de nouveaux chais associés à une équipe dédiée ont fait sortir Clerc Milon et sa Pastourelle de l’anonymat dans lequel il sommeillait. Un réveil rythmé et élégant.


Jean-Emmanuel Danjoy, Philippe Sereys de Rothschild, Paolo Basso, Hervé Gouin et Philippe Dhalluin.

L’histoire de Clerc Milon remonte au 18ème siècle. À l’issue du partage de la seigneurie Lafite lors de la Révolution, il deviendra la propriété de la famille Clerc en 1789, 5ème Cru Classé en 1855, puis sera délaissé au gré de différentes successions, pour renaître grâce à l’impulsion donnée par la famille Rothschild qui l’acquiert en 1970. Le projet sera marqué par deux étapes majeures. En 2007, la restructuration du chai conduite par l’architecte Bernard Mazières et le scénographe Richard Peduzzi avec la mise en service d’un cuvier ultra moderne, entièrement gravitaire. Puis en 2011, c’est le château qui sort de terre, un bâtiment rectangulaire dans un style épuré, recouvert de lames de bois, avec une vaste terrasse en bois exotique, dominant le vignoble qui couvre aujourd’hui 41 hectares. « C’est un terroir exceptionnel, situé entre deux premiers crus classés, Mouton et Lafite, 247 parcelles différentes travaillées en viticulture raisonnée, mêlant pratiques biologiques et biodynamiques. Les 5 cépages typiques de la région sont plantés sur les sols composés de graves sablonneuses et d’un socle argilo-calcaire avec un encépagement majoritaire de Cabernet Sauvignon (50 %), Merlot (37 %), Cabernet Franc (10 %) et le reste en Petit Verdot et Carmenere », souligne Jean-Emmanuel Danjoy. le directeur du domaine, qui a passé 10 ans dans la Napa Valley, chez Opus One comme chef de culture et assistant winemaker. En 2009, son arrivée à Clerc Milon marque l’émancipation du domaine, qui se voit doté pour la première fois de son propre directeur avec une équipe dédiée d’une vingtaine de personnes, accompagné de Frédéric Faure, maître de chai, venant du vignoble de Gian Paolo Motta en Toscane et épaulé par Eric Boissenot pour choisir les bonnes partitions. « Toute l’équipe a maintenant les outils techniques pour gagner en précision. C’est un travail de fourmi, nous allons picorer parmi les 247 parcelles pour obtenir à la fois de la complexité, de la fraîcheur et de la persistance en bouche. Clerc Milon, c’est un vin qui s’exprime surtout en longueur, c’est sa force et sa marge de progression », souligne Philippe Dhalluin, directeur général de Baron Philippe de Rothschild avant d’ajouter : « C’est aussi le seul cru classé qui regarde 2 premiers ! » En dansant... Car l ’étiquette de Clerc Milon est illustrée par un couple de danseurs reproduisant un objet d’orfèvrerie allemande du 17ème siècle en or, émail et perles, exposé au musée du Vin dans l’Art de Mouton Rothschild. Cette miniature, qui a appartenu à l’impératrice Catherine de Russie, est inspirée de personnages de la commedia dell’arte, chère à Philippine de Rothschild, longtemps comédienne. Ces deux danseurs se retrouvent sur l’étiquette du second vin, Pastourelle de Clerc Milon, lancé en 2009, plus doux, vinifié sur le côté suave et gourmand, dédié à la restauration.

Bénédicte Chapard




www.chateau-clerc-milon.com