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Château Patache d’Aux

21/03/2019
Terroir du nord

Lucie Lauilhé

On roule, s’égare presque, avant d’arriver devant ce château de cœur de bourg. Inconsciemment on perçoit qu’on arrive en bout de terre cultivable, il n’en est rien. Des terroirs exceptionnels, dominés par des argilo-calcaires avec sous-sol calcaire et caillouteux, ont convaincu Antoine Moueix Propriétés (filiale bordelaise du groupe AdVini) de racheter Château Patache d’Aux en 2016. Il est à noter que la société Antoine Moueix commercialisait le vin depuis 2013. Une rencontre en somme entre un terroir de 57 hectares du nord du Médoc et une grande maison. Un domaine de haute lignée puisque on trouve trace des Chevaliers d’Aux à Begadan dès 1660… 3 siècles d'histoire et de vigne ont marqué la propriété, et c'est dès le 18e siècle que le vignoble emprunte le nom de « Patache » aux diligences de fortune de l'époque, également le nom du futur lieu-dit au 19e siècle.

A entendre le directeur général Thibaut de la Haye qui accueille Paolo Basso Meilleur Sommelier du Monde, en compagnie de Lucie Lauilhé, la directrice technique, ce nom singulier colle parfaitement à cette recherche de vins identitaires qui anime la maison-mère AdVini, que des études pédologiques ont fini par convaincre.

Lucie Lauilhé et Paolo Basso

Une grande partie du vignoble se situe sur un plateau calcaire dur superficiel, recouvert d’une fine couche d’argile. Un défi, il faut bien le dire, pour conduire à maturité les précieux cabernets sauvignons que viendra compenser l’acquisition de 10 hectares de terres graveleuses en bordure de Gironde. L’encépagement est dominé par le cabernet sauvignon (60%), suivi du merlot (30%) et du petit verdot (3%). On reste ici aussi dubitatif quant à l’apport du cabernet franc. Les nouvelles équipes effectuent un travail intégral du sol, sèment orge et avoine entre les rangs pour les incorporer aux sols. On se targue d’ici deux ans de sortir définitivement du désherbage, parfois si médocain, rappelle Thibaut de la Haye. La pérennité de la vigne est en jeu, c’est ainsi que Patache d’Aux abandonna l’utilisation des produits CMR, et tend vers le 0 résidus dans leurs vins depuis le millésime 2016 ; engagé dans une démarche SME depuis 2012 et certifié HVE3 et ISO 140001 depuis le millésime 2017. Les enjeux : des vins propres.

Le visiteur s’épargne parfois les immersions fastidieuses dans les chais, une fois n’est pas coutume, la visite s’avèrera intéressante. Pour une approche parcellaire précise, et une augmentation de la cuverie béton, le chai bénéficie d’importants investissements de la maison mère. On reste assez bluffé par l’aspect sobre, ultra-fonctionnel du chai dominé par un gris anthracite parfaitement classieux. La directrice technique s’applique à rentrer des baies entières et à maturités. Le pigeage et le délestage n’en altèreront pas le fruit. Pour un élevage doux et préservant, le choix s’est porté sur des tonnelleries non aromatiques ! Paolo Basso sera surpris par la qualité organoleptique d’un Patache d’Aux 2017, non collé, aux doux arômes de tabac blond.

Henry Clemens

 

 

Ce qu’en pense Paolo Basso

Château Patache d’Aux 2014, Médoc
Nez intense avec une belle aromaticité d’élevage sur des notes d’épices et de vanille. Bon fruité mûr avec des baies de belle maturité. Belle bouche à l’attaque dense et savoureuse, une acidité qui relève la structure, un corps équilibré, des tanins riches. Une finale plus discrète. Un beau vin au rapport qualité prix intéressant. Garde : 2023.

Château Patache d’Aux 2016, Médoc
Un nez intense aux arômes fruités mûrs de cerises noires, de laurier, une aromaticité florale de lavande et un léger toasté. Belle richesse et structure avec une attaque distinguée, une touche de surmaturité, une acidité légère, assez savoureux, des tanins serrés mais bons, une finale de longueur moyenne. Un beau produit avec un potentiel de développement dans les 5-7 ans à venir. Garde : 2021-2025.


 

www.chateaupatachedaux.com