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Meilleur Sommelier du Monde, un titre qui change la vie !

01/16
Monde

Monde Limoux


Meilleur Sommelier du Monde,

un titre qui change la vie!

Deux ans après avoir été sacré au Japon, le Suisse Paolo Basso évoque la portée d'un tel succès. Une reconnaissance et de très nombreuses sollicitations qu'il gère de façon équilibrée.

Le Canada, Dubaï, Tokyo sans oublier l'Allemagne, l'Italie et la France à plusieurs reprises: Paolo Basso court le monde depuis le début de l'année. Et c'est ainsi depuis deux ans et son succès au concours du Meilleur Sommelier du Monde organisé au Japon. «Ceux qui ont connu cela avant moi m'avaient prévenu, un titre mondial, cela change la vie!» On peut même dire que cela la bouscule carrément...
Ce qui n'empêche pas le sommelier suisse d'être sélectif face à la multitude de sollicitations qu'il peut recevoir. Et de trouver le temps, en pleine période de dégustation des primeurs, à Bordeaux, de se libérer 48 heures pour assister aux différents temps forts de Toques et Clochers, à Limoux. «Ici j'apporte mon soutien à une cause généreuse: la restauration des clochers des différentes communes qui s'étendent sur la zone d'appellation.»

Fin mars dernier, malgré un calendrier très chargé, Paolo Basso a fait étape à Limoux.
Il y a notamment inauguré le rang de vigne qui porte son nom.
En amont de la manifestation, il a donc travaillé sur les accords mets et vins du repas de gala mis en scène par le chef trois étoiles Arnaud Lallement. Puis, le jour J, il a inauguré un rang de pieds de vigne à son nom au château de Flandry, s'est transformé en commissaire priseur pour vendre aux enchères un caisse de vin qu'il a ensuite dédicacée avant d'aller à la rencontre des vignerons pour déguster le millésime 2014 et de coprésider la grande vente aux enchères des Chardonnay et Crémants. Un vrai marathon...

L'aventure Air France

Son titre a suscité l'intérêt d'entreprises qui ont cherché à s'attacher ses compétences professionnelles ainsi que son image prestigieuse. A Nespresso dont il était déjà un partenaire se sont ajouté le groupe hôtelier Kempinski, San Pellegrino et Acqua Panna, Swiss Wine Promotion ainsi qu'Air France. «Pendant trois ans, je vais participer à la sélection des vins qui seront proposés aux passagers de la compagnie. A ce poste, je succède à Olivier Poussier, le Meilleur sommelier du Monde 2000. Pour la carte destinés aux voyageurs de la première classe et de la classe affaire, je suis accompagné par Michel Bettane et Thierry Dessauve. Nous goûtons tous les vins à l'aveugle et leur attribuons des notes. Pour les vins de Bordeaux – ma spécialité – la compagnie a reçu 300 réponses à l'appel d'offres et pour un cycle de deux mois, seulement six seront retenus. Ceux que j'aurai contribué à choisir en primeur seront servis à bord très certainement après la fin de mon contrat.»

Il a découvert les contraintes de gestion des stocks et d'autres auxquelles le commun des clients de l'avionneur ne pense pas. «Il faut notamment tenir compte du poids. Pour les vins d'Alsace on a imposé dans l'appel d'offres le respect des dimensions de la bouteille standard. A 5 mm près, cela peut ne pas passer. Dans le choix des vins, l'atmosphère de la cabine a beaucoup d'importance. On salive moins, il faut donc éviter les excès de tanin et d'acidité. Et bien sûr, on ne trouve que des vins français.»

Préserver la vie familiale

Si dès 2000 et sa première finale mondiale au Canada, Paolo Basso a organisé sa vie autour des concours, c'est dans la perspective de devenir le meilleur un jour et de connaître les temps forts qui s'enchaînent depuis deux ans. «On me propose beaucoup de choses et je ne peux pas tout accepter. J'ai 48 ans, ma fille Chiara en a dix et pour elle et mon épouse je prends garde de préserver ma vie de famille.» Cependant, certains défis lui plaisent. Comme un aller-retour à Hong Kong pour trente minutes d'intervention.

Cette nouvelle vie, c'est aussi l'écriture d'un livre qui évoquera son parcours et qui lui permettra aussi de livrer ses secrets de dégustation. «Mais l'une des plus belles opportunités que j'ai saisies a été de m'approcher de la production de vin. Avec Freddy de Martin, œnologue dans le Tessin, je travaille sur l'élaboration de mon propre vin à partir de raisins que j'achète à des vignerons du Mendrisiotto. Le Rosso di Chiara 2012 est sorti fin 2014. Le 2013 sera en vente à l'été prochain. Le but ultime, ce sera de posséder mes propres vignes. Mais en Suisse, cela ne se fait pas du jour au lendemain!» Heureusement, le Meilleur sommelier du Monde sait que la patience est toujours récompensée.

Jean Bernard


Paolo Basso et Arnaud Lallement coprésidaient les enchères de Toques et Clochers.