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15e édition du Master of Port : Bertrand Bijasson s’offre un premier titre

11/12
Concours

Concours Paris


15e édition du Master of Port

Bertrand Bijasson s’offre un premier titre

Le président de l’Association des Sommeliers de Bordeaux-Aquitaine est un homme heureux! Après trois participations
aux demi-finales du Master of Port, il a réussi, le 18 juin dernier, à intégrer la finale et surtout à s’imposer.


Les organisateurs ont profité de cette 15e édition du concours pour réunir une partie des anciens Master of Port avec, de gauche à droite : Serge Dubs, Eric Dugardin, Jean-Christophe Renaut, Charles-André Charrier, Arnaud Fatôme, Frédéric Schaff, Romain Iltis et Fabrice Sommier, auxquels s’est joint le nouveau, Bertrand Bijasson.

Professionnel prometteur, il prit en 1996 la 3e place du concours du Meilleur Sommelier de France avant de privilégier son parcours professionnel. «Mais depuis 2006, je rêvais de décrocher un titre pour faire plaisir à mon fils. C’est lui qui m’a poussé à me remettre en question en me lançant dans une nouvelle compétition. Le plus proche au calendrier était le Master of Port! La première fois, j’étais passé à côté de l’écrit alors que j’avais maîtrisé la partie pratique. La suivante, ce fut l’inverse et en 2010, mieux préparé, j’étais trop stressé!».
Désormais animateur du bar à vins de l’hôtel Mercure, à Libour­ne, le Girondin a vaincu ses démons: «A mesure du déroulement des épreuves, et face à la difficulté, j’ai commencé à penser que je n’irai pas au bout et paradoxalement cela m’a libéré.» Les trois autres finalistes Julia Scavo, Cédric Brisson et Philippe Troussard
se sont montrés à la hauteur de l’événement.

L’obstination récompensée

Concours biennal organisé par le Syndicat des Grandes Marques de Porto (S.G.M.P) en France, et l’Union de la Sommellerie Française (U.D.S.F) avec le soutien de l’Institut des Vins du Douro et de Porto, le Master of Port est l’un des concours professionnels les plus prisés pour honorer les sommeliers ayant fait la démonstration d’une culture étendue en matière de vins de Porto.
Les dix candidats issus des sélections organisées quelques mois plus tôt dans les régions ont vécu un sacré marathon dans les locaux de l'Organisation Internationale de la Vigne et du Vin (OIV). Parmi eux, cinq étaient déjà présents deux ans auparavant: Carole Ferron, Jean-Baptiste Klein, Yann Satin, Philippe Troussard et le futur vainqueur. A tous, Bertrand Bijasson a prouvé que l’obstination est récompensée un jour ou l’autre.
Mais pour cela, fallait-il encore passer les différentes étapes de l’analyse sensorielle d’un vin de Porto (Ramos Pinto vintage 1983), voyager en diapositives et questions dans la vallée du Douro, et identifier deux autres vins qui avaient la particularité d’afficher l’un comme l’autre 40 ans d’âge (Sandeman en Porto classique et Andresen en Porto blanc). «Le pire atelier fut celui consacré à la correction d’une carte des vins truffée de fautes. Je craignais aussi l’épreuve d’anglais mais elle n’est pas venue! Le meilleur était la dégustation (Quinta do Noval Tawny 20 ans) sous le regard de Serge Dubs. Je me suis libéré progressivement et je pense l’avoir bien réussie », avouait ensuite le nouveau Master of Port.
Ils n’étaient plus que six au second jour du concours, lorsqu’il a fallu choisir les vins appelés à accompagner le repas réunissant les organisateurs, représentants des différentes maisons de Porto partenaires et les journalistes. Carole Ferron, Antoine Lehebel, Mathieu Seraglini et Frédéric Voné étaient alors réduits au rang de spectateurs.

Une pensée pour le titre de MOF

Il a fallu attendre l’arrivée à l’Ambassade du Portugal pour connaître le dernier carré et suivre, sous le regard d’un public très nombreux, les épreuves de l’ultime sélection.
Une nouvelle analyse sensorielle (Ramos Pinto vintage 2000), un accord mets et vins, l’ouverture d’une bouteille de Porto avec un bilame, le choix de trois bouteilles (Tawny Niepoort, Sandeman 20 ans et Colheita 1997 Quinta do Noval) parmi cinq afin de les accorder avec cinq chocolats différents, sans oublier deux questions faisant appel à la culture générale et à la réflexion.
A l’instant de l’annonce du palmarès, Bertrand Bijasson avait bien du mal à cacher son émotion. Récompensé notamment par un séjour dans la vallée du Douro et un coffret de vins de Porto centenaires, il revenait sur les mois qui ont précédé la deuxième phase de l’épreuve: «Là, j’ai beaucoup travaillé et surtout j’ai vécu quatre jours intenses au Portugal. Ce fut essentiel, j’ai besoin du support visuel pour bien mémoriser tout ce que je peux apprendre durant la préparation ». Il a ensuite rapidement retrouvé le quotidien, à Libourne.
«Je m’épanouis au Mercure car j’ai la chance d’être un des rares sommeliers de la chaîne à pouvoir établir ma propre carte des vins. Maintenant, j’ai trois ans devant moi pour bien me mettre dans la peau d’un candidat au titre de Meilleur Ouvrier de France…»

Jean BERNARD

Les demi-finalistes

Dix candidats avaient franchi l’étape de la première sélection. Il s’agissait donc de Bertrand Bijasson (Hôtel Mercure à Libourne, Gironde), Cédric Brisson (Le Neuvième Art à Saint-Just-Saint-Rambert), Carole Ferron (Les Vins'coeurs à Triors, dans la Drôme), Jean-Baptiste Klein (Le Moulin de Mougins à Mougins, dans les Alpes-Maritimes), Antoine Lehebel (Restaurant Michel Chabran à Pont-de-l'Isère, dans la Drôme), Yann Satin (Hôtel Westminster au Touquet-Paris-Plage, dans le Pas-de-Calais), Julia Scavo (La Trattoria à Monaco), Mathieu Seraglini (Royal Monceau à Paris), Philippe Troussard (Les Caudalies à Arbois , dans le Jura), Frédéric Voné (À la Cour d'Alsace à Obernai, dans le Bas-Rhin).

Un prix du cocktail

Avec l’aide de l’Association des Barmen de France dont le président, Guy Musart, et l’un des deux MOF, Stéphane Ginouves, ont tenu le rôle de membres du jury, une épreuve de cocktail a été proposée aux dix candidats. Destiné à faire connaître le Porto rosé de la Maison Cruz mais aussi à tester les sommeliers dans un autre registre, cet atelier a donné lieu à l’attribution d’un prix spécial et c’est Cédric Brisson, sommelier du restaurant ‘Le Neuvième Art’, à Saint-Just-Saint-Rambert, qui s’est imposé. Guy Musart lui a donc remis le prix, saluant la qualité de son travail et l’originalité de sa création: un cocktail réunissant Porto Cruz rosé, de la liqueur de jasmin, du Limoncello, du sirop d'hibiscus, et agrémenté de quelques groseilles fraîches légèrement écrasées.






Bertrand Bijasson en rêvait depuis 2006, aujourd’hui il est Master of Port.



Guy Musart, président de l’Association des Barmen de France,

a remis un prix spécial à Cédric Brisson.

www.masterofport.com