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Domaine Robert-Denogent

10/08
Vignerons

Vigneron Bourgogne

Domaine Robert-Denogent :
Un regard sur une Roche désormais célèbre
Le Pouilly Fuissé est une perle de lumière au milieu du vignoble mâconnais. Dominée par l’historique roche de Solutré, cette appellation rivalise avec les plus fins tènements de la Bourgogne. Le Chardonnay, parmi les variétés les plus galvaudées de la planète, donne ici une élégance gourmande aux vins de ce terroir.
Robert-Denogent
Car il faut bien parler de terroir au sens ancien du mot : une communauté villageoise qui a su mettre en valeur ce que la nature lui offre. Comme dans la définition de l’appellation d’origine : il faut trouver l’équilibre entre les facteurs naturels et les facteurs humains. Comme souvent, Jean Jacques et Annita Robert ont fait un détour – ici ce fut par le droit et l’administration - pour arriver à la vigne. Mais noblesse oblige, quant on est l’héritier d’une famille de vignerons, la vigne vous attrape par ses pampres et vous soumet à ses volontés. C’est alors que le cœur cède à la passion que la raison ne connaît pas.

Depuis 20 ans exactement Jean Jacques et Annita ont associé leur nom à celui du grand père Denogent et c’est ainsi que prospèrent les 6,12 ha de vignes auxquels s’ajoutent quelques contrats avec des voisins au solide savoir-faire vigneron, dans les appellations Saint Vérand et Mâcon. Tout cela pour la plus grande satisfaction d’une clientèle largement internationale. Alors, l’élan familial étant donné, Nicolas, le fils, a choisi lui aussi le vin. La dynastie se consolide.

Robert Tinlot : Le marché est aujourd’hui particulièrement difficile. Comment avez vous fait pour surmonter la crise et vous constituer une clientèle fidèle ?

Jean-Jacques Robert : Notre recette, c’est la recherche de l’harmonie. Nous avons un terroir exceptionnel, nous devons tout faire pour qu’il s’exprime. Pour cela, il faut porter une attention particulière aux conditions naturelles de la production des raisins. Il faut de bons raisins pour faire du bon vin, c’est élémentaire, mais encore ne faut-il pas s’enfermer dans des attitudes doctrinales. A mon sens, la culture raisonnée conduit à analyser les exigences de la plante, de sa croissance et de sa protection. Le « bio » a des rigidités qui ne sont pas toujours heureuses. Pourquoi pas la biodynamie qui privilégie le retour de la vie dans la terre et de surcroît tente de se régler sur l’harmonie globale des astres et de la nature ?

Pour vous, qu’est ce qu’un bon raisin ?

JJR : Nous voulons faire des vins de haute tenue, riches et pleins. Ainsi nous vendangeons à la main et assez tard pour avoir des raisins très mûrs. Nous procédons au tri et vinifions les grappes entières. Les levures sont indigènes, elles sont donc porteuses des qualités de ce lieu. Chaque cuvée correspond à un terroir particulier. Nous avons un pressoir pneumatique qui respecte la baie et dans la tradition locale nous faisons totalement la fermentation en fût. Nous avons un tiers de fûts neufs ; nos fûts reçoivent donc de un à trois vins. Un peu de bâtonnage et une mise à 18 mois. Nous procédons de la même façon pour les vendanges que nous achetons à des amis vignerons dans les appellations voisines, Saint Vérand et Mâcon blanc.

Votre façon de faire est-elle guidée par le respect des usages ?

JJR : En premier lieu, nous avons une clientèle exigeante qui nous guide et nous conforte. Je crois qu’il faut respecter les usages, c’est l’exigence de l’appellation d’origine, mais il ne faut pas les confondre avec les mauvaises habitudes. Il faut rechercher dans la science œnologique ce qui permet de comprendre les processus naturels pour faire un vin qui exprime la terre. La nature peut aussi faire du vinaigre, il faut donc lui offrir les conditions optimales pour réaliser un vin qui corresponde in fine à ce qu’attend le consommateur, et le consommateur attend ce qui a fait la réputation de l’appellation. Les grands anciens qui ont construit cette réputation sont en quelque sorte nos modèles mais ces modèles que l’on suit, c’est aussi notre façon de respecter notre clientèle. Les réformes de l’INAO et la création d’un cahier des charges et des ODG (organismes de défense et de gestion) ne doivent pas conduire à la standardisation des vins. Nous devons communiquer à nos vins notre style et choisir dans la gamme offerte par les pratiques œnologiques celles qui permettent atteindre l’excellence. Par exemple, nous ne voyons pas d’intérêt à adopter la capsule à vis ni le bouchon plastique. Le liège est tiré d’un arbre qui contribue positivement au « bilan carbone » et lorsque nous choisissons nos bouchons, nous cherchons les meilleures qualités. Ce n’est pas le prix qui nous guide mais la satisfaction que nous tirerons d’un bouchage parfait. Ainsi nous n’avons pas de problème.

Où sont ces clients privilégiés ?

JJR : Nous exportons 80% de notre production. En tête se trouvent les USA. Nous avons des agents dans tous les Etats. Après les USA et le Canada, l’Europe est aussi un très bon client : Belgique, Royaume Unis, Suisse, Allemagne, - oui nous vendons des vins blancs dans ces deux pays réputés pour leurs blancs- mais aussi Italie, Espagne. Hors d’Europe : la Chine, notamment à Shanghai et même en Inde. En France, notre cible est chez les cavistes et dans la grande restauration, principalement étoilée. Notre socle est l’appellation d’origine et notre signature garantit le style de nos vins.

Vous vivez dans un paysage magnifique !
JJR : Oui, nous avons choisi la vigne alors que notre formation (je suis juriste et ma femme était inspecteur au ministère de la Santé) aurait pu nous conduire à une vie citadine. Mais, le monde du vin est un monde de passionnés qui s’attachent, chaque année, à réussir un nouveau millésime. Ce monde se renouvelle et offre des espaces de liberté et de convivialité dans un cadre exceptionnel comme ici à Fuissé.
Robert Tinlot

Domaine Robert-Denogent
71960 Fuissé
Tél. : 03 85 35 65 39
Fax : 03 85 35 66 69