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Marc Augustin

12/17/2018
Des champagnes d’alchimiste

Marc Augustin n’est pas un vigneron comme les autres. D’abord parce qu’il travaille en biodynamie. Fait suffisamment rare en Champagne pour être souligné. Ensuite parce que la biodynamie n’est pas, pour lui, une simple option viticole, mais une véritable philosophie de vie, une façon d’être et de vivre à chaque instant en symbiose avec la nature. Marc se décrit comme un « cœurviculteur », quelqu’un qui « cultive la terre avec son cœur ». « Je ne ferai pas à ma vigne ce que je ne voudrais pas qu’on fît à mes enfants, » dit-il. S’il fallait donc un terme pour définir le personnage et sa démarche, il faudrait parler d’alchimie. Il ne s’agit pas de la transmutation des métaux, mais il s’agit bien de transcender la matière (en l’occurrence le raisin) pour en tirer une quintessence, des Champagnes uniques.
 

Marc Augustin présente ses jarres de vinification.

Tout est parti de son arrière-grand-mère, Andrée, une femme de caractère, qui, à l’aube du XXe siècle, décida de produire son propre Champagne, quand seules les grandes maisons occupaient le terrain… Dans les années 1970, le père de Marc, Jean Augustin, fut déjà un précurseur en prônant une conduite « éco-responsable » de la vigne, à une époque où cela n’était pas encore dans l’air du temps. Aujourd’hui Marc Augustin cultive neuf hectares sur Avenay Val d’Or dans la Montagne de Reims, et Vertus dans la Côte des Blancs.

Grand et mince, avec une énergie débordante, Marc parle de forces, de vibrations et d’énergie plus qu’il ne parle de cépages. Il peut s’étendre longuement, non sur le vin, mais sur l’eau, et comment la dynamiser. C’est aussi un adepte du Feng Shui et un disciple du nombre d’or (1,618), cette proportion idéale présente aussi bien dans la nature que dans l’architecture… Du coup ses cuvées sont sans équivalent. Ses vins ne ressemblent à aucun autre.

L’entrée de gamme s’appelle « Terre » et porte le numéro romain CCXCI (291 en chiffres arabes). C’est un 100 % Pinot Noir, issu de jeunes vignes et dosé à 8 g. Tout en structure et en minéralité. La cuvée Air ou CCXIV (214) est un assemblage de 50 % de Chardonnay et 50 % de Pinot Noir issus de vignes de plus de 50 ans. C’est un vin plus fin, plus doux. La cuvée Feu, ou CCCI (301), est un 100 % Pinot Noir issu de vieilles vignes. C’est un Champagne expansif et rayonnant. Des trois cuvées, c’est celle dont « l’énergie est la plus forte » souligne Marc. Reste le quatrième élément, l’eau ! Il s’incarne dans la cuvée « O2 Rosé », un rosé de saignée, sans soufre, dosé à seulement 1 g. Il existe aussi une cuvée sans soufre, appelée CXVI ou 116. Vient enfin la cuvée Gaia, un vin ayant connu une « géo-maturation », à savoir que les bouteilles ont été enfouies sous terre pendant deux ans avant d’être dégorgées. De là à voir la métaphore d’une gestation… Gaia résume à lui tout seul toute une démarche, celle d’une terre nourricière, mère de toute vie et de tout vin.

Gérald Olivier

 

Ce qu'en pense Paolo Basso

Cuvée CCXIV L'Air

Jaune doré, reflets argentés. Beau nez aromatique intense sur des notes de beurre, de biscottes, de poivre blanc. Belle bouche riche et savoureuse, gourmande et bien structurée, tout en souplesse. Plus rigide en finale grâce à une présence tannique. Belle cuvée pour accompagner des plats riches et goûteux de poissons nobles ou de volailles rôties.

 

Cuvée CCCI Le Feu

Jaune doré, reflets argentés. Beau nez aromatique et ouvert sur des notes de fleurs blanches, de poivre blanc, de beurre et de biscottes avec une touche d’épices. Belle entrée en bouche ronde et sucreuse, évolution croissante vers un milieu de bouche savoureux, bien structuré avec une petite présence de tanins en finale qui donne un caractère très distingué au vin. Excellent sur des plats d’une cuisine goûteuse de la mer et de volailles en sauce.

 

champagne-augustin.com