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Château Vieux Rivallon

14/02/2020
Changement de génération

Depuis 2015, c’est Alexandre Plocq qui écrit l’histoire du Château Vieux Rivallon, Saint-Emilion Grand Cru, résolument déterminé à poursuivre l’œuvre de son grand-père, à sa manière…
 

Alexandre Plocq

Dans les histoires de transmissions, certains marquent leur passage en révolutionnant totalement les méthodes, d’autres rendent hommage à leurs ascendants en approfondissant le travail accompli. C’est le cas d’Alexandre, depuis son retour à ses chers souvenirs de vacances, qui affine les vinifications et les élevages mais pas seulement. « J’ai hérité d’un domaine en parfait ordre de marche, sain, sans désherbages chimiques et d’un chai fonctionnel. » Il n’avait pas 30 ans, pas encore l’habitude d’un certain confort et a décidé de tout plaquer pour revenir dans le vrai, dans les parfums de son enfance, au cœur de ces vignes qui l’ont vu apprendre à marcher d’un cep à l’autre. Alexandre, qui avait commencé par tracer son sillon dans une toute autre direction, une école de commerce parisienne orientée sur l’audit financier, a repris le chemin de l’école.

Direction un BTS viti-oeno en alternance chez Cheval Blanc, de quoi s’inspirer et donner une autre envergure au domaine. « Mon grand-père a planté des vignes, étendu le vignoble en passant de 4 à 20 hectares, construit un chai : il y avait comme une obligation morale à poursuivre cette aventure familiale plutôt confidentielle. J’avais besoin d’un retour à des choses plus tangibles, et de redonner du sens à ce que je faisais. J’ai pour idée de construire une marque, une identité en étant plus précis, notamment sur le contrôle des maturités, en travaillant sur le parcellaire, tout en restant fidèle à l’esprit du domaine. Mon grand-père était un fervent défenseur de vins traditionnels avec un attachement viscéral aux racines, et a toujours consciencieusement fuit la mode des vins sur-boisés, sur-extraits. Il n’a jamais tourné le dos à la qualité immuable de sa production : des vins évoluant dans le temps, respectant les saisons, les années. Aujourd’hui, je travaille le boisé mais tout en douceur, uniquement avec des barriques d’occasion issus de prestigieux grands crus. Je réfléchis à un élevage en jarres pour la cuvée prestige… et j’ai installé la marque à l’export, aux Etats-Unis. J’ai des terroirs plutôt sableux qui donnent des vins sur le fruit, tendus par la fraîcheur et l’acidité. Je cherche le bon équilibre et suis conseillé en cela par Stéphane Toutoundji, notre œnologue, » explique Alexandre.

Jusqu’à présent Château Vieux Rivallon, contraction de « Riant Vallon », c’était 120 000 bouteilles d’un seul vin. Alexandre a élargi la gamme en 4 cuvées pour des budgets et des plaisirs différents (de 7 à 30 euros) : un Bordeaux, un Saint-Emilion, un Saint-Emilion Grand Cru, et une cuvée premium « Cuvée Charles » (10 000 bouteilles) en hommage à son grand-père et puis bientôt une cinquième, étonnante, en réflexion.

Un clos cajolé

Château Vieux Rivallon possède l’une des plus singulières parcelles de Saint-Emilion, blottie au cœur du village. Un lopin de terre encaissé entre les ruelles pavées et surveillé par la Tour du Roy, le fameux donjon du XXIIIème siècle surplombant le village, d’où sont célébrées les Jurades. Une vigne rescapée, que certains jugeront trop petite, trop pentue, trop vieille, promise à l’arrachage… Alexandre a vite fait de juger le potentiel qualitatif  de cette butte calcaire et la notoriété qu’il pourra tirer de ce mouchoir de poche et de vignes. 5 petits ares seulement, un îlot historique mais en même temps une thébaïde des sages pour une future cuvée qui reflètera à n’en pas douter, l’interprétation de la nouvelle génération…

Bénédicte Chapard

 

www.chateau-vieux-rivallon.com