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Château Léoville Poyferré

19/03/2019

Léoville Poyferré bat désormais pavillon féminin ! Après presque 40 ans à présider à la destinée du château, Didier Cuvelier a laissé les rênes à sa cousine Sara Lecompte-Cuvelier en 2018. C’est elle qui a reçu en octobre dernier Nelson Chow, le président des sommeliers de Hong Kong et de Chine, pour une jolie verticale de Château Léoville Poyferré.
 

Le château était encore en pleine effervescence en cette fin de vendanges. Une occasion pour Nelson Chow d’observer, à l’entrée des chais, le travail de tri effectué. Léoville Poyferré opère une cueillette sélective, puis un tri manuel sur table vibrante, et enfin par technologie optique. Une sélection drastique mais nécessaire au maintien de la qualité.

La vendange est manuelle, effectuée en cagettes. Depuis de nombreuses années, le château fait appel, en plus des vendangeurs locaux, à un village portugais. Une présence fidèle qui fait résonner d’éclats de voix joviaux les rangs de vignes et le réfectoire ! Une fidélité qui confère aussi une constance. Les exigences du château sont connus de tous, l’œil est aguerri, les gestes assurés.

Côté chais, l’encuvage est réalisé par cépage et par parcelle dans les quarante-neuf cuves inox dont vingt-sept tronconiques à double paroi. A Léoville Poyferré, le travail est axé sur la recherche de la qualité et de la finesse des tanins. La sélection du bois est attentive et les vins y vieillissent de 18 à 20 mois.

Avant de partager la traditionnelle table des vendanges, Nelson Chow a pu s’adonner à la dégustation des vins de Léoville Poyferré. Sara Lecompte-Cuvelier avait préparé une verticale de millésimes récents : 2008-09-10-11-12 et 13. Alors que selon Nelson Chow, le 2008 est prêt à boire et que l’on peut commencer à apprécier le très fruité et emblématique 2009, le 2010 remportera ses faveurs, mais « il faudra savoir l’attendre jusqu’en 2025 ». Le 2011, millésime plus difficile, demandera d’être décanté et le 2012 est « un grand classique bordelais avec ses notes de menthe, de réglisse, d’eucalyptus, de mûre et de cassis ». Quant au 2013, il offre « un grand potentiel » et se dévoile « très épicé, aromatique, largement porté sur le fruit ».

En sommelier expert, Nelson Chow orienta vite l’analyse organoleptique vers les accords possibles avec les mets asiatiques. Au sujet du 2009, il confirmera que « ce vin se prête bien à la cuisine chinoise, surtout celle de Shanghai ». C’est une cuisine riche, à la sauce soja sucrée, des ragoûts, des viandes braisées, comme le porc au vinaigre noir. « Plus le plat sera riche, plus le 2009 s’en accommodera bien ». Côté plats cantonais, choisir plutôt le cochon de lait ou le caneton.

2020 fêtera le centenaire de l’entrée de Léoville Poyferré dans le giron familial. Avec Sara Lecompte-Cuvelier, l’histoire continue et marque un tournant. Son ambition ? Poursuivre l’engagement passionné, exigeant et fructueux de sa famille en continuant la quête de la qualité ultime, innovant dans les démarches environnementales, et développant la notoriété de la marque.

Sylvia van der Velden

www.leoville-poyferre.fr