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Château de Couches

23/09/2019
« Un terroir spécifique et unique »

Patricia et Olivier Poelaert ont repris en 2009, le château Marguerite de Bourgogne au cœur des Côtes du Couchois. A force de ténacité, le couple a repris l’exploitation de 10 hectares autour de la spectaculaire bâtisse médiévale et investi dans une nouvelle cave. Ils ne manquent pas d’ambition pour leur appellation.
 

Le toit du château en tuiles vernissées, emblématiques de la Bourgogne.

Quelle est votre histoire avec ce lieu exceptionnel ?
En 2007, je dirigeais avec mon épouse, Patricia, une société d’informatique. Ma femme a décidé de reprendre des études à la Sorbonne et me dit : « La société tourne bien je vais pouvoir faire ce dont j’ai toujours rêvé ». Je lui répond : « Pas de problème mais si nous avons une autre activité, nous devons rester à une heure de Paris en TGV ». Nous avons fait un joli trait sur la carte de France en nous disant : toi tu aimes l’histoire, moi le vin. Le choix était assez simple : la Champagne, la Bourgogne ou la Loire. La Champagne pour acheter un vignoble, c’est compliqué. La Loire pour acheter un Château, c’est compliqué. Le seul endroit où l’on pouvait acheter un château et des vignobles, c’était en Bourgogne. Nous avons vu passer une annonce. Ce fut le coup de foudre, d’autant qu’il a une AOC autour : Bourgogne Côtes du Couchois. Les vignes du château étaient en fermage. Il a fallu les récupérer. L’accueil a été plutôt froid... Mais nous avons commencé à travailler avec plusieurs vignerons sur la vinification et à créer une émulation. En 2014, nous avons lancé une étude de sol, avec une cartographie complète du territoire. Le travail a vraiment commencé de payer avec des médailles dans divers concours à partir de 2015. Nous avons compris qu’il était possible de faire quelque chose de bien sur ce terroir en rouge comme en blanc. Il fallait simplement se donner les moyens : réduire les rendements, faire des élevages soignés, etc.

Olivier Poelaert et Paolo Basso

Le projet a pris de l’étoffe en 2017. Pourquoi cette reprise de la Cave de Mazenay ?
Pour avoir un lieu de vinification optimal. Nous avons refait le bâtiment, nettoyer les caves à fûts. En 2016, nous avons repris les vignes qui étaient en fermage à force de ténacité de la part de mon épouse. Pour l’anecdote, nous avons fait une belle fête pour célébrer cela. Quelques jours plus tard, les vignes étaient gelées... Le premier millésime a été 2017. Nous exploitons une dizaine d’hectares aujourd’hui. Nous vinifions nos raisins et nous achetons aussi des raisins et des moûts auprès de confrères. Le but ultime est surtout de valoriser les Côtes de Couchois.

Quelle votre approche de la vinification ?
Sur nos terroirs, il faut « faire éclater le fruit », avec des macérations semi-carboniques pour gagner en souplesse mais aussi avec des cuvaisons longues. C’est ce que nous faisons sur nos cuvées « Les Parisiennes » et « Les Marguerites ». Les résultats sont là. Nous avons un beau sol, le réchauffement climatique nous aide aussi.

Votre objectif est d’obtenir l’appellation Bourgogne Côtes du Couchois pour les blancs également. Quels sont les atouts pour y parvenir ?
Les sols du Couchois sont réellement spécifiques et uniques dans la région puisque de catégorie « argile versicolore » sur base granitique donc qui réussissent particulièrement aux blancs. La mise en place d’un cahier des charges exigeant (densité de plantation, vendange manuelle, rendement…) permettrait de différencier nos produits d’une AOC générique, bien trop permissive, tout en bénéficiant d’un tarif raisonnable, ce qui est le cas sur les rouges. Cela nous permettrait donc de garantir un bon rapport qualité-prix. Les blancs du Château ont obtenu des médailles et plusieurs millésimes ont été retenus à la Cave de Prestige du BIVB.

Laurent Gotti

 

Ce qu’en pense Paolo Basso

Château de Couches Clos Marguerite « Passionnément », Bourgogne Blanc
Chardonnay AOC 2017

Une très belle couleur jaune dorée bien brillante. Un nez aux arômes de boisé et fruités qui s’entremêlent : vanille, épices fines, touche fumée, ananas et pommes golden. Une attaque en bouche souple et délicate, suivie par un milieu de bouche de corps moyen qui révèle une très intrigante note saline qui traduit une belle minéralité. Finale de bonne persistance avec l’acidité qui soutient l’expression du vin et une touche d’amertume. Un vin excellent pour accompagner des plats de poisson d’eau douce et salée.

 

Château de Couches Blason de Vair « Cuvée Clin d’Œil », Bourgogne
Côtes du Couchois AOC 2016

Belle couleur grenat clair aux reflets orangés. Un nez intense aux arômes de groseilles, de cerises rouges, une touche d’herbes aromatiques qui lui donne un caractère très particulier. Bouche aux saveurs pénétrantes et tendues avec une belle fraîcheur, un caractère fougueux avec une structure de bonne richesse et des tanins fermes et astringents. Une finale un peu courte avec une pointe de rusticité. Un vin qui nécessite un ou deux ans de vieillissement pour dévoiler ses charmes.

 

www.chateaudecouches.com