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Nelson Chow dans le Médoc

13/03/2018

Château Blaignan, Retour parmi les grands

Château Blaignan est une propriété de CA Grands Crus, la branche viticole du Groupe Crédit Agricole. Il est installé à l’emplacement de l’ancien village de Blaignan dont il garde essentiellement une position privilégiée sur deux buttes calcaires qui offrent des situations variées de pentes et d’expositions. Anne Le Naour, directrice générale adjointe et œnologue des propriétés de CA Grands Crus, a ouvert les portes de Blaignan à Nelson Chow.
 

Nelson Chow et Anne Le Naour

Le vignoble a été racheté par CA Grands Crus en 2004. Il y avait alors de vieilles vignes, 2 m entre les rangs mais une canopée haute. Sous la conduite d’Anne Le Naour, le groupe a entrepris une restructuration du vignoble dont les premiers résultats ont été visibles sur le millésime 2010. Petit à petit, la vigne est replantée à 1m60 pour augmenter la densité.

Les vignes, âgées en moyenne de 25 ans, sont constituées de 60 % de Cabernet Sauvignon, et de 40 % de Merlot, pour un rendement moyen de 45 hectolitres par hectares. Le vignoble est mené selon le SME* et est certifié HVE (Haute Valeur environnementale) de niveau 3.

Le château totalise 97 hectares en production. La cartographie établie en 2014 a mis en évidence 4 types de sols différents, soit un terroir assez homogène. Ainsi Blaignan compte d’assez grandes cuves (54, allant de 100 à 200 hl).

Les vendanges sont mécaniques avec tri embarqué et pressées pneumatiquement. Ici, l’objectif avoué de la technologie est d’être capable de sortir un vin de qualité à un prix raisonnable (prix détail, 9-10 €). Le domaine compte trois vins : Château Blaignan (400 000 bouteilles) ; Château Prieuré de Blaignan (80 000) qui n’est pas un second vin mais issu de parcelles dédiées sur 23 hectares ; enfin Quintessence (12 000 bouteilles), la cuvée prestige produite uniquement sur les grands millésimes de Château Blaignan. Ce vin est plus concentré, avec un rendement moins élevé et un vieillissement en barriques. Dès 1932 déjà, Blaignan était classé Cru Bourgeois.

Lors de sa visite, Nelson Chow a pu déguster une sélection exhaustive des derniers millésimes des trois vins de Blaignan. Il notera que les vins ont tous une belle structure puissante, des beaux arômes de fruits rouges et un beau potentiel.

La restructuration de Blaignan n’est pas terminée. Sous la houlette attentive de la jeune et dynamique Anne Le Naour, le château bénéficie de toute l’expertise de CA Grands Crus pour compter parmi les grands Médocs.

* SME : Système de Management Environnemental : projet collectif initié par le CIVB visant à réduire l’impact des exploitations sur l’environnement.
 

CA Grands Crus gère depuis 2004 des propriétés de prestige à Bordeaux / Since 2004 CA Grands Crus manages the prestigious estates in Bordeaux : Château Grand-Puy Ducasse, 5ème Grand Cru Classé de Pauillac, Château Meyney, Saint-Estèphe, Château La Tour de Mons, Margaux, Château Blaignan, Cru Bourgeois du Médoc, et le Clos Saint Vincent, Saint-Emilion Grand Cru ; Château de Santenay, Bourgogne.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Blaignan, Médoc Cru Bourgeois 2014

Le nez s'ouvre sur une belle palette aromatique, des notes de chocolat et de baies noires confiturées. La bouche est ronde et fruitée, dotée d'une belle structure et de tanins charmeurs. Un vin bien fait, prêt à boire, idéal sur une échine de porc laquée.
 

Château Prieuré de Blaignan, Médoc 2012

Nez agréable sur des arômes toastés et torréfiés, puis de subtiles notes de cerise et de prune. Bouche ample et gourmande s'ouvrant sur des tanins charnus, soutenue par une belle acidité en finale apportant de la fraîcheur. En accord parfait avec un quasi de veau aux morilles.
 

Château Blaignan Quintessence 2011

Nez subtil dans lequel on retrouve de délicats parfums de chocolat et de cerises compotées. Bouche remarquable dévoilant un joli fruité. Des tanins fins et arrondis ainsi qu'une belle acidité en finale. Un vin fin et racé, à déguster sur des mets de qualité, tel qu'un filet de bœuf.
 

www.blaignan.fr


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Château Lagrange, La qualité avant tout

3e Grand Cru Classé de Saint-Julien, Château Lagrange est la belle aventure d’un domaine historique (13e siècle) repris par un groupe étranger mais qui a gardé tout son caractère. Propriété de Suntory depuis 1983, le Château Lagrange est le Grand Cru Classé le plus reculé dans les terres de Saint-Julien par rapport à l’estuaire mais aussi le plus haut. Incursion chez un des grands de l’appellation.
 

Nelson Chow et Charlotte Denjean

Le vignoble de Lagrange couvre 118 hectares d’un seul tenant sur deux croupes de graves, représentant 15 % de l’appellation de Saint-Julien. Planté à 67 % de Cabernet Sauvignon, 28 % de Merlot et 5 % de Petit Verdot, il se divise en 102 parcelles. Après avoir planté environ 60 hectares à l’arrivée de Suntory, la moyenne d’âge des vignes est à ce jour de 45 ans.

Le challenge que s’est fixé le Château Lagrange est de faire de faire des grands vins tous les ans indépendamment de la taille du domaine. Par phases d’investissements successives, le château a progressivement amélioré ses installations pour redonner à Lagrange son lustre et son prestige. Pour 102 parcelles, le château dispose aujourd’hui de 102 cuves.

Pour les assemblages, ils sont conseillés par Eric Boissenot. Charlotte Denjean, responsable relations publiques, explique : « Nous travaillons beaucoup à obtenir plus de douceur et d’onctuosité au palais.  » Les assemblages sont fait dès février pour une meilleure intégration des tanins et des origines parcellaires.

En 1984, le Château crée son second vin « Les Fiefs de Lagrange », une des plus vieilles étiquettes de second vin. Ce vin est le résultat d’une sélection drastique mais également due pour partie aux replantations en 1985 et 1986 de la moitié du vignoble, Les Fiefs étant alors produits avec les vignes les plus jeunes. Les Fiefs est élevé 14 mois dans 20 % de bois neuf.

Château Lagrange produit également du blanc, « Les Arums de Lagrange » (jeu de mot avec arômes) – produit à Cussac. La cuvée Les Arums bénéficie de 6 mois d’élevage, avec fermentation en cuves et barriques et bâtonnage. Il est à la fois minéral, herbacé et fruité avec un corps de belle structure et la juste acidité. « Pour la cuisine de Chine du Sud qui se composent de beaucoup de poissons et de fruits de mer, il faut un vin au profil acide et minéral. C’est pourquoi Les Arums de Lagrange s’y prête bien, » explique Nelson Chow lors de sa visite en novembre. Depuis 2012, Lagrange produit également un Haut-Médoc sur 17.5 ha à Saint-Laurent-du-Médoc.

La production totale du château représente environ 650 000 bouteilles. Depuis le tri optique, on observe un peu moins de production car la sélection des baies est plus drastique. Malheureusement en 2017, le gel leur a fait perdre 80 % des Fiefs de Lagrange, 50 % de la production totale, et il n’y aura pas de blanc en 2017.

Après une dégustation des 2015 de Lagrange et des Fiefs, la découverte pour Nelson Chow s’est poursuivie en accords mets-vins sur un menu concocté par le chef japonais Taichi Sato autour des Arums de Lagrange 2016, les Fiefs 2009 et Lagrange 2009, puis Lagrange 2005 et 2000.

L’accueil de grande qualité fait au sommelier chinois a été l’occasion également d’évoquer l’activité de tourisme d’entreprise au Château Lagrange. Quatorze chambres d’hôtes peuvent accueillir des professionnels venant découvrir les vins du Château, un service exclusif dans un cadre d’exception (sur demande uniquement).

Une adresse que n’aura pas manqué de noter Nelson Chow qui vient dans le Bordelais plusieurs fois par an.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Les Fiefs de Lagrange, Saint-Julien 2009

Des arômes de cerises cuites, confiturés, d’épices et de chocolat. Un fruité rond et présent, des tanins souples et ronds. Suave avec en même temps une bonne acidité. Un corps assez corsé. Prêt à être apprécié avec des mets délicats.

Château Lagrange, Saint-Julien 2009

Des arômes toastés et grilles, des fruits rouges et noirs. D’excellents arômes fruités et ronds et des tanins mûrs. Riche, souple, élégante structure du corps et de l’alcool. Prêt à boire après 2 h d’aération.

 

www.chateau-lagrange.com

 

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Château Roquegrave, Le Cabernet Sauvignon fait roi

A 500 m à vol d’oiseau de l’estuaire de la Gironde, sur les hauteurs de Valeyrac, le Château Roquegrave étire ses 26 hectares sur des sols tantôt sablo-graveleux sur fond d’alios, tantôt argilo-graveleux sur sous-sol graveleux et pierreux. C’est là que Nelson Chow a fait étape pour une rencontre en toute simplicité avec un vigneron à suivre de près.

Nelson Chow et Pierre-Yves Joannon

Pierre-Yves Joannon a repris le domaine familial en 2016 à la suite de son cousin au décès de son père. Fort d’une solide connaissance de son terroir et des techniques œnologiques, Pierre-Yves Joannon a une idée très précise de l’avenir qu’il veut pour son domaine et du profil qu’il souhaite donner à ses vins.

Il a entrepris une complète restructuration du vignoble avec l’objectif de planter 70 % de Cabernet Sauvignon. Conscient de la difficulté à obtenir la bonne maturité de ce cépage en Bordelais, Pierre-Yves Joannon évoque également l’importance de la taille dans la conduite de la vigne.

Avec le développement du Cabernet Sauvignon, il a pour objectif de réinventer le style de la maison. Pierre-Yves Joannon travaille déjà sur une nouvelle étiquette, Château Haut-Valeyrac, un assemblage différent de Château Roquegrave. Côté élevage, ce vin passera un an en barriques neuves.

A la dégustation, le millésime 2016 du Château Roquegrave marque déjà une véritable fracture dans le style du domaine. Après une macération pelliculaire de 2 mois et demi, ce millésime aura passé 6 mois en barriques de vin blanc avant de terminer son élevage en cuve. Le sommelier chinois Nelson Chow ne manquera pas de noter la qualité par son fruité riche et de grande maturité.

Personnage singulier, Pierre-Yves Joannon mérite qu’on suive l’évolution de son vin car son approche très réfléchie, presque scientifique de Roquegrave, promet de belles choses.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Roquegrave, Médoc Cru Bourgeois, 2014

Au nez, des cerises et des baies avec quelques épices. Toasté léger et café. Un fruité rond avec une pointe de tanins et une finale ample. Un fruité jeune et une acidité fraîche en bouche, corps de moyenne structure. Facile à boire.
 

Médoc Cru Bourgeois, 2015

Chocolat et épices douces, myrtille fraîche, doux. Milieu de bouche fruité et équilibré mais qui demande encore un peu de temps pour s’ouvrir.


Médoc Cru Bourgeois, 2016

Fraise fraîche, framboise, aromatique. Fruité riche de fruit très mûr, une pointe d’amertume en finale. Tanins des raisins et du bois encore fermes et serrés, acidité agréable en finale.

 

www.chateau-roquegrave.vin

 

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Château Loudenne, Prêt à éclore

Belle endormie se dressant au bord de la fameuse D2, la route des châteaux qui longe les grands domaines depuis Bordeaux jusqu’à la pointe du Médoc,Château Loudenne est un des rares châteaux directement posés sur le bord de l’estuaire et possède son propre port privé. Depuis peu, Loudenne réécrit son histoire et se prépare à éclore de nouveau.
 

Construite au 17e siècle, cette belle chartreuse connut sa période faste grâce à la famille britannique Gilbey (créatrice de la marque de gin Gilbey) dont elle fut la propriété pendant 125 ans. Tombé quelque peu en désuétude, Loudenne a été repris conjointement par le Cognac Camus et le plus grand groupe chinois de spiritueux Moutai.

Historiquement, l’esprit de Loudenne est à l’enchantement, à la fête, à l’art de vivre à la française. Pour renouer avec ce passé, le nouveau Loudenne poursuivra sa vocation de réception, mais en recentrant les services sur un accueil plus sélectif et réservés uniquement aux professionnels. Le château est en cours de rénovation pour retrouver de son lustre et de son faste. Le parc et la roseraie préservés mènent en pente douce vers le port privé qui sera lui aussi restauré pour permettre un accès au domaine par les eaux.

Côté vin, Loudenne n’a jamais rien perdu de son pouvoir de séduction. Le domaine de 135 hectares d’un seul tenant dont 62 de vignes surplombe l’estuaire qui le protège des extrêmes du climat. 46 ha sont dédiés au Médoc (Cabernet Sauvignon, Merlot et Cabernet Franc), 12 ha au Bordeaux blanc (Sauvignon Blanc et Sémillon), et 4 ha de Bordeaux rouge. Le vignoble est planté sur deux croupes de graves anciennes mélangées à de l’argile sur un sous-sol calcaire, un terroir similaire à celui de Saint-Estèphe.

A la cave œuvre l’œnologue Athanase (dit Thanos) Fakorellis, spécialiste des blancs, qui a aussi travaillé en Bourgogne. Et c’est ainsi que Loudenne utilise des barriques de tonneliers bordelais mais aussi bourguignons, toujours du chêne français, moyennement toastées pour préserver le fruit avant tout.

En visite au domaine en novembre dernier, Nelson Chow notera que les rouges (50 % Cabernet Sauvignon et 50 % Merlot) sont de jolis vins de garde au profil fruité, chocolaté, au boisé agréable et discret. Quant aux blancs (en moyenne 75 % Sauvignon blanc et 25 % Sémillon), ils arborent un style qui se partage entre le fruit (abricot, agrumes) et la minéralité.

Le nouveau directeur de Loudenne, Philippe de Poyferré (un ancien de Ducru-Beaucaillou avec une longue carrière dans le vin et le réceptif haut de gamme), ne manque pas d’admettre que s’il y a du travail pour redorer le blason de Loudenne, la qualité de base des vins est excellente grâce à un terroir absolument exceptionnel. Et il glisse que les rouges et les blancs sont au même prix, soit 20-25 € prix consommateur en France. Un Médoc attractif.

La promesse de Loudenne – « I will always remember » – est tenue… Dès lors que vous avez dégusté son vin ou séjourné au château, un souvenir agréable et bienheureux
reste accroché comme les brumes dans le creux des vallons de ce joli coin du Médoc.
 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Loudenne Le Château, Médoc Cru Bourgeois 2009

Des arômes de chocolat, de raisins et toastés. Ouvert. Des belles notes de fruits et des tanins puissants et serrés. Jolie finale et corps volumineux. Bonne acidité.
 

Médoc Cru Bourgeois, 2012

Nez toasté sur des notes de fruits compotés. Tanins doux, une belle acidité en bouche. Belle fraîcheur, un corps harmonieux, joli fruité en finale.
 

Médoc Cru Bourgeois, 2015

Au nez, des arômes de raisins, de feuilles de thé, des jolies baies. En bouche, de beaux arômes de fruits, de la rondeur. Tanins serrés. A apprécier dès maintenant pour son fruité.
 

Bordeaux blanc, 2015

Nez subtil sur des arômes complexes d’agrumes. Belle minéralité. Corps ferme avec une acidité tendue. Un vin ferme au fort potentiel.
 

www.chateau-loudenne.com
 

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Baron Philippe de Rothschild
Dégustation « transversale » pour Nelson Chow

Ce matin-là, le traditionnel café-croissant fut remplacé par des vins d’excellence pour une mise en lumière du savoir-faire de Baron Philippe de Rothschild appliquée à différents terroirs et châteaux qui ont chacun leurs spécificités. Pour accueillir Nelson Chow, Hervé Gouin, directeur commercial châteaux, avait préparé une superbe sélection de quelques millésimes récents des domaines Baron Philippe de Rothschild.
 

Nelson Chow et Hervé Gouin
 

D’Armailhac à Mouton Rothschild, le 2016

Hervé Gouin a présenté des échantillons du 2016 encore en maturation. Un millésime qui s’annonce d’ores et déjà superbe, très fruité. A Château d’Armailhac (70 hectares), il serait déjà presque prêt à boire tellement il est facile d’approche, crémeux, fruité, après une attaque tout en douceur. C’est un millésime dont on sent déjà la structure et la fraîcheur. Un vin dont le style est porté sur le Cabernet (62 % Sauvignon et 8 % Franc).

Clerc Milon marque sa différence avec un assemblage à forte proportion de Merlot (jusqu’à 40 % certaines années), une exception à Pauillac. Le 2016 n’en a que 29 % mais garde un trait de caractère exceptionnel pour l’appellation, une touche de Carmenère, un cépage cultivé par Baron Philippe de Rothschild au Chili au domaine Almaviva. Cette variété apporte une signature épicée, chocolatée au vin. Nelson Chow remarque déjà à quel point le vin est expressif à ce stade de l’élevage.

L’exploration du 2016 continue avec Château Mouton Rothschild. Issu d’un terroir chaud, Mouton est un vin fruité. Ce millésime est composé de 83 % Cabernet Sauvignon et 15 % de Merlot additionnés d’une touche de Cabernet Franc et de Petit Verdot. C’est un millésime sophistiqué aux tanins crémeux. En même temps, on perçoit déjà sa fraîcheur, l’acidité et son imposante structure. Hervé Gouin confie qu’on ne peut comparer le 2016 de Mouton Rothschild au 2005, 2009 ou 2010 car il a une véritable signature tannique.

Tour d’horizon des millésimes emblématiques

Hervé Gouin a ensuite choisi Château d’Armailhac 2011, un millésime souvent sous-estimé mais qui aujourd’hui se boit bien. Un nez fin, très élégant, un Pauillac classique.
Puis pour montrer l’évolution de Clerc Milon, Nelson Chow put revenir sur un 2006. Le domaine travaillait encore avec les anciennes cuves. Un vin à la structure tannique puissante, plus strict et moins sophistiqué que les Clerc Milon actuels mais qui porte encore de jolies promesses pour le futur. Après un crochet par Petit Mouton 2004 (le second vin issu d’une sélection des cuves de Mouton Rothschild) – le meilleur millésime de ce vin selon Hervé Gouin et un vin de connaisseurs pour sa complexité (tabac blond, chocolat, café) – retour à Mouton Rothschild avec le 2013. Année de vendanges difficiles à cause de l’humidité et des maladies, 2013 est néanmoins un millésime agréable, peu concentré, « parfait pour la restauration grâce à un rapport qualité-prix intéressant » souligne Hervé Gouin, qui accompagnerait parfaitement du poisson comme une sole ou encore une langouste.

Enfin en point d’orgue, le millésime 2005, encore jeune, qu’il faudra laisser décanter une heure, offre la complexité des grands de sa classe, une attaque délicate sur le tabac, des arômes toastés, chocolatés, de crème de cassis, des tanins encore fermes.

Le style bourguignon des blancs

Après une parenthèse languedocienne avec le Domaine Baronarques 2016, 100 % Chardonnay, issu de 7 hectares en AOC Limoux, Hervé Gouin conclut cette belle dégustation, avec Aile d’Argent*, le blanc du Château Mouton Rothschild. La maison recherche ouvertement à produire le plus bourguignon des Bordeaux avec un profil riche, du corps, un vin beurré, pas trop minéral ni trop droit. Le 2016 est un assemblage de 53 % de Sauvignon et de 46 % de Sémillon avec une pointe de Muscadet, élevé en petites barriques et avec bâtonnage.

Et pour fixer dans sa mémoire l’art de faire du vin selon Mouton Rothschild, Nelson fut accompagné à la galerie où sont exposés tous les croquis et les étiquettes ayant habillé les millésimes du château depuis 1945.

* Aile d’Argent est le nom du personnage principal d’un conte écrit par son père pour Philippine de Rothschild enfant.

 

Les impressions de Nelson Chow

Château Mouton Rothschild Pauillac, millésime 2013

Des arômes de chocolat, d’épices douces, de crème de cassis. Des tanins serrés, un corps souple, une acidité de moyenne intensité et fraîche. Peut d’ores et déjà s’apprécier sur un repas.
 

Pauillac, Millésime 2005

De superbes arômes de baies, de prune, de fruits noirs ; des notes confiturées, toastées et chocolatées. Des tanins mûrs avec un bel équilibre entre acidité et fruité. Un corps riche et puissant. De nombreux niveaux d’arômes. On peut encore attendre deux ans.

 

www.bpdr.com

 

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Château Montrose
Une ambition « écofuturiste »

Propriété de Martin et Olivier Bouygues, Château Montrose est renommé pour son engagement dans le respect de l’environnement. Loin d’être une simple signature marketing, à Montrose, l’écologie est une véritable conscience collective, une vision d’avenir à laquelle tous adhèrent unanimement.
 

Nelson Chow et Hervé Berland

Impulsée par les frères Bouygues, la conduite de la révolution écologique chez Montrose est dirigée par Hervé Berland, gérant. On ne parle pas ici de conformité aux règles de la viticulture bio, de l’adhésion au Système de Management Environnemental du CIVB ou de certification Haute Qualité Environnementale, c’est un acquis presque préhistorique à l’échelle de la démarche écologique à Montrose. Ici, l’objectif impact zéro sur l’environnement dicte la conduite de chacun de la vigne aux chais. On est passé ici dans la sphère scientifique du respect de la plante, de la terre, et in fine, de l’homme qui les travaille.

Depuis 2014, Montrose utilise les drones pour scruter le vignoble. Un mapping précis a été fait et a permis de délimiter 22 ‘climats’ comme en Bourgogne. Cette définition des parcelles permet une extrême précision dans la conduite et la surveillance de la vigne, puis pour la vendange où parfois l’on fait 5 passages sur certains secteurs. Aucune intervention superflue, pas de perte de matière ni de raisin. Le domaine s’est également équipé d’un tracteur électrique. Une merveille écologique. Pas de rejet dans l’atmosphère, silencieux, en matériaux recyclés et durables, un poids allégé donc pas de tassement de la terre et des racines.

La précision d’orfèvre se poursuit bien sûr dans les chais. Temps de macération réduit, baisse de la température de fermentation, sélection drastique des vins de presse, une exigence du détail est mise au service de la finesse et de l’élégance des vins. Même si le but premier de la démarche de Montrose est de produire un vin digne de son rang et même au-delà, la finalité absolue, l’objectif partagé par tous à Montrose est de transmettre une terre exempte de polluants, de recréer une biosphère qui n’aurait pas souffert du passage de l’homme, de revivre en harmonie avec la nature. Dépassant peut-être l’entendement des plus conventionnels, Montrose imagine une ère nouvelle où l’Homme, la nature et les nouvelles technologies vivent en synergie.

Hervé Berland a un rêve : mettre la technologie au service de la vigne à la feuille près. Imaginez une machine qui scannerait la surface foliaire plant par plant et saurait distiller l’exacte quantité minimale nécessaire à la soigner, et seulement si c’est nécessaire. Futuriste ? Pas tant que ça, des recherches sont déjà en cours dans bien des thèmes.

Et si nous nous mettions à rêver aussi de ce monde futuriste ? A quand l’impression 3D organique pour réparer les ceps de vigne malmenés par le climat et la maladie ?

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Montrose
Saint-Estèphe, 2011

Au nez, des notes chocolatées, toastées, grillées avec de la cannelle et des clous de girofle. Cerise et baies cuites. Des tanins doux et crémeux, et un bel équilibre du corps et de l’acidité. Un fruité tout en rondeur.
 

Saint-Estèphe, 2014

Robe rubis profond. Au nez, des arômes de cerise et de prune, clou de girofle et épices poivrées. Toasté. Des tanins doux, ronds, encore un peu serrés. De beaux arômes ronds de fruits confiturés et pourtant une belle acidité en soutien. Encore assez jeune mais peut être apprécié dès maintenant avec la bonne préparation.
 

Saint-Estèphe, 2015

Robe jeune, rubis, avec frange violette, brillante et claire. Des arômes de fruits confiturés, de crème de cassis et de prune, d’épices douces et une belle rondeur au nez. Au palais, un fruité riche, rond et prometteur, des tanins solides mais mûrs. Long en bouche, un beau corps puissant et une belle acidité. Nécessite d’être décanté et aéré avant dégustation.
 

www.chateau-montrose.com
 


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Château Brillette Suivez la lumière

Déjà référencé par le guide Féret en 1874, le Château Brillette est un joli domaine de 100 hectares dont 43 de vignes, repris par la famille Flageul en 1975. Son nom lui vient de « briller » comme le soleil qui se reflète sur les petites graves du vignoble. Attiré par cet éclat particulier, Nelson Chow est venu déguster les vins du château par un joli soleil couchant.


Romain Flageul, Nelson Chow, M. Flageul et le maître de chai.

Le vin est affaire de famille. Romain Flageul et son père s’occupent du château alors que son frère Erwan est à la tête d’une maison de négoce de la Place de Bordeaux. Le Château produit deux étiquettes, Château Brillette, classé Cru Bourgeois, et Les Haut Brillette, tous deux en AOC Moulis-en-Médoc.

Le vignoble est installé sur de belles croupes de graves sur un des plus hauts points de la commune. Le sous-sol argileux permet d’obtenir naturellement une régulation des apports en eau. L’encépagement se compose de 48 % de Merlot, 40 % de Cabernet Sauvignon, du Cabernet Franc à 9% et un peu de Petit Verdot (3 %). Aujourd’hui, ils plantent plus de Cabernet Sauvignon pour tendre vers une proportion 50 % Merlot et 50 % Cabernet Sauvignon. La densité est volontairement assez élevée (7 200 pieds hectare). Le vignoble est conduit en lutte raisonnée avec un souci croissant de protéger l’environnement.

Côté chais, Château Brillette travaille en sélection parcellaire par micro-terroir de la cuve au fût. Les vins de presse sont également soigneusement sélectionnés. Le vin vieillit en fût de chêne (30 à 50 % neufs) pendant 12 mois en moyenne. Les vins de Brillette se gardent jusqu’à 15 ans, « le 2000 est justement superbe maintenant, » précise Romain Flageul.

Les marchés du Château Brillette sont essentiellement la France et 15 % à l’export, surtout en Asie. Accueillant Nelson Chow, Romain Flageul n’a pas manqué bien sûr de demander l’avis de l’expert et lui a proposé la dégustation du grand vin en 2016, 2015, 2013, 2010 et 2009.

Ils se sont longuement arrêtés sur le 2009 et 2010. Romain Flageul ne cache pas sa satisfaction sur ces deux millésimes qui fonctionnent bien. « Nous avons gardé du 2009 et du 2010 pour les restaurants à Paris car il n’y en a plus sur le marché. »

Château Brillette est un lieu accueillant. L’étape fut chaleureuse pour Nelson Chow et rendez-vous fut pris pour une rencontre sur ses terres prochainement avec Romain Flageul.
 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Brillette
Moulis-en-Médoc 2010

Crème de cassis, grillé, toasté au nez avec des notes savoureuses. Corsé, un beau fruité tout en rondeur, une bonne acidité. Des tannins fermes qui commencent à s’arrondir. Commence à s’assouplir.
 

Moulis-en-Médoc 2009

Au nez, des notes de crème de cassis, de prunes, épices douces, plantes aromatiques. Beau fruité tout en rondeur, ouvert, des tanins serrés sur une base suave. La juste acidité. Encore un joli potentiel.

chateau-brillette.fr

 

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Coopérative Uni Médoc
Une exigence de qualité mais l’humain avant tout

Créée en 1934, la coopérative les Vignerons d’Uni Médoc est le premier producteur de l’AOC Médoc avec 20 % du volume total. Technologie de pointe, des procédés certifiés, une vinification flexible à la demande et un engagement dans le développement durable qui viennent s’ajouter à une dimension humaine et fraternelle inhérente à la notion de coopération.

Marie-Dominique Saint-Martin, Laurent Vaché et Nelson Chow.

Uni Médoc est aujourd’hui la plus grande coopérative du Médoc avec une surface de production de plus de 1 000 hectares. 55 % de la production est mise en bouteilles, soit 4 millions de bouteilles par an dont 40 % partent à l’export (1er marché les USA, suivis de la Chine puis de l’Allemagne et de la Belgique). Parfois un peu en Afrique.

Pour une qualité optimale dans le traitement du raisin, la coopérative compte 3 chais de vinification. Uni Médoc a une capacité totale de cuverie de 200 000 hl et se complète d’une ligne d’embouteillage, d’étiquetage et de conditionnement en propre. Une partie des vins est élevée à la coopérative, dans 3 600 barriques de chêne dont un tiers est renouvelé tous les ans. La production est suivie et contrôlée par 3 techniciens.

Des installations qui impressionnent. Mais Laurent Vaché, directeur technique de la coopérative, également administrateur de l’ODG Médoc et vice-président de l’Alliance des Crus Bourgeois, précise que la coopérative fédère avant tout des familles de vignerons (près de 200). Il explique : « Il faut comprendre que la coopérative n’a pas vocation à faire du profit. Nous ne faisons pas de gestion de capital et nous avons une véritable dimension humaine. » Une convivialité qu’a pu constater Nelson Chow lors de sa visite en novembre dernier.

Nelson Chow a été accueilli ce jour-là par Xavier Deval, directeur de la coopérative, et Olivier Sempé, le nouveau directeur commercial, face à une haie d’honneur de cuvées représentatives du travail de différents vignerons adhérents. Une douzaine de vins des millésimes 2014 à 2016 a ainsi été soumise au palais expert du sommelier chinois.

Pour clore la dégustation, Laurent Vaché lui a présenté un assemblage de la coopérative, la cuvée Esprit d’Estuaire. Elle est produite sur une surface de 15 ha sélectionnés parmi les meilleures parcelles sur différents domaines adhérents. Enfin Nelson Chow a pu découvrir Château Clément Saint Jean, une des quatre propriétés de la coopérative, un Cru Bourgeois bénéficiant d’une vinification et d’un élevage dignes d’un Grand Cru. Quant à la Réserve 2014, un 100 % Cabernet Sauvignon, elle a vieilli 18 mois en barriques et représente le vin de garde de la coopérative. La coopérative vient également de reprendre un petit vignoble en Haut-Médoc dont elle espère tirer le premier millésime en 2018.

Uni Médoc a mis un point d’honneur à parfaire son attractivité œnotouristique. La coopérative et sa boutique sont placées à Gaillan sur la route principale qui traverse tout le Médoc depuis Bordeaux jusqu’au Verdon. La boutique génère 8 % du chiffres d’affaires de la coopérative. Les visiteurs sont accueillis par les vignerons eux-mêmes tous les dimanches et jours fériés. Depuis 2016, le chai à barriques est le théâtre d’une animation son et lumière auquel vous êtes invités à assister avant même de déguster, pour vous plonger dans l’ambiance particulière du Médoc, la « Terre du Milieu », entre océan et estuaire, et vous mettre dans les meilleures dispositions pour apprécier comme il se doit les vins présentés par les vignerons au magasin.

Si justement vous passez sur cette route, arrêtez-vous à leur rencontre. Le sens de l’accueil, la convivialité et l’envie de partager, intrinsèques au vin, prennent ici tout leur sens.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Clément
Saint Jean 2014 Cru Bourgeois

Cerise noire et fruit confituré, épices douces et café au nez. Au palais, un fruité rond et des fruits confiturés. Un vin complet. Bonne acidité. Un grand potentiel mais bon à boire maintenant.
 

Esprit d’Estuaire Médoc 2014

Des arômes chocolatés et toastés, des épices douces, cassis, noix de coco. Fruité, rond, bien corsé, et des tanins mûrs bien qu’encore serrés. Un vin suave et fruité, prêt à boire mais avec encore un potentiel de quelques années.
 

Esprit d’Estuaire Médoc 2010

Le vin ne nécessite pas d’être aéré. Des senteurs de chocolat, toasté, cassis et cerise. Un caractère agréablement fruité et rond, un bon équilibre entre le fruit et la structure avec des tanins tendres. Il y a de l’acidité qui garde le vin vif. Prêt à boire et un potentiel pour encore 5 à 8 ans.
 

www.unimedoc.com

 

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Château de Panigon
et Château Amour

C’est un joli domaine dans l’AOC Médoc que découvre Nelson Chow en une belle matinée d’automne. Lové à l’ombre de platanes plantés au 18e, le château produit deux vins, dont l’un porte un nom évocateur de ce cadre romantique, Château Amour.
 

Georges Dadda , Corinne Leveilley Dadda et Nelson Chow

C’est une propriété du 19e siècle, familiale depuis 1930, exploitée depuis 2006 par Corinne, fille des précédents propriétaires, et son époux Georges Dadda. Dès la reprise, la volonté du couple a été de moderniser les installations pour améliorer la qualité des vins. Bien que pour la mémoire, ils aient gardé le vieux chai de foudres de chêne, les Dadda l’ont remplacé par un cuvier moderne dans un autre bâtiment. S’inscrivant dans une démarche environnementale, ils ont obtenu la certification HVE en 2016.

Le domaine s’étend sur 90 hectares dont 53 en production. La position du vignoble à la croisée des influences de l’océan et de l’estuaire lui offre une situation presque bénie. En 2017 notamment, Château de Panigon a été épargné par le gel alors que le voisin a été touché à 95 %. L’encépagement se compose de 45 % de Cabernet Sauvignon, 50 % de Merlot et 5 % de Petit Verdot, s’épanouissant sur des croupes de graves parmi les meilleurs terroirs du Médoc.

Le domaine produit deux vins, tous deux classés Crus Bourgeois, le Château de Panigon, pour la touche d’élégance, et le Château Amour, pour la passion. Chaque cuvée compte environ pour moitié dans la production totale de 350 000 bouteilles par an. Panigon est un assemblage de 50 % Merlot, 45 % Cabernet Sauvignon et 5% Petit-Verdot. Il est élevé de 14 à 18 mois en fût de chêne (30 % neufs). Amour est un Merlot/Cabernet Sauvignon à 50/50 élevé en fût 12 à 14 mois.

Corinne et Georges Dadda ont une attirance particulière pour la Chine parce que madame y a vécu et que tous deux s’intéressent de près à la gastronomie asiatique. C’est donc avec beaucoup de plaisir qu’ils ont accueilli Nelson Chow en novembre dernier.

Après avoir dégusté Château de Panigon et Château Amour en 2015 et 2014, le sommelier chinois a tout de suite noté la différence de caractère entre les deux cuvées. Château Amour est fruité, souple, facile à boire. Un vin facile à accorder. Nelson Chow conseille de le servir avec une cuisine du Sichuan, épicée. Château de Panigon développe également des arômes fruités mais aussi des notes plus épicées et toastées sur un corps plus puissant, un vin qui se prêtera volontiers à la garde. Il s’accordera bien avec de la cuisine de Shanghai qui utilise le soja, le vinaigre noir et le sucre. Le sommelier souligne cependant que les deux cuvées partagent une évidente signature commune qui lui vient sans aucun doute de son terroir.

Les vins du domaine sont destinés à 80 % à l’export. Pour être sûr d’avoir votre part d’Amour, faites donc un crochet par ce petit coin de Médoc où vous serez accueillis avec simplicité et chaleur.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Amour
Médoc Cru Bourgeois 2015

Au nez, des arômes de crème de cassis, de chocolat et de tabac. Corps de structure moyenne avec des tanins serrés, un beau fruité rond et un bon niveau d’acidité. Un vin facile à accorder, parfait pour de la cuisine du Sichuan à base d’épices, y compris sur des plats très épicés. Peut également être apprécié avec certains plats de viande du sud de la Chine comme l’émincé de bœuf sauté à la sauce d’huître.

Château de Panigon
Médoc Cru Bourgeois 2014

Epices douces, la cerise, une touche mentholée. Encore un peu fermé pour l’instant. Des fruits tout en rondeur soutenus par une bonne acidité. Des tanins serrés mais ronds, de la puissance au palais. Peut s’apprécier dès maintenant mais peut se garder encore longtemps.
 

www.chateaudepanigon.fr

 

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Château Sigognac Une promesse de renaissance

La famille Allard a repris le domaine en 2009. Le père Christophe et son fils Louis, dont ce n’est pas le métier, changent de vie et deviennent vignerons. A leur arrivée, le château était en très mauvais état et avait perdu de son lustre d’antan. Ils ont entamé un long travail de restructuration et de reconstruction dans le but de redorer le blason de Sigognac, classé Cru Bourgeois en 1932, mais dont l’histoire remonte à plusieurs siècles.
 

Louis Allard et Nelson Chow

Le vignoble très ancien compte des vignes d’une quarantaine d’années mais il était en mauvais état à l’arrivée de la famille Allard. Ils ont donc commencé à replanter et restructurer pour retrouver une homogénéité. L’encépagement se partage en Merlot (70 %) et Cabernet Sauvignon (30 %) sur 50 hectares autour du château. Les méthodes culturales sont traditionnelles mais des essais en bio viennent de commencer sur 1.5 hectare avec un objectif à 10 hectares.

Dans le cuvier très ancien, on trouve encore de très vieux foudres en chêne qui ne sont plus en service. La vinification et l’assemblage se font en cuves inox et béton. Pour le vieillissement, Château Sigognac utilise des fûts de 18 mois (en provenance du château Ducru Beaucaillou) plutôt que des barriques neuves car ils préfèrent mettre l’accent sur le fruit.

Le domaine produit trois étiquettes : Château Sigognac (150 000 bouteilles), un second vin Benjamin (50 000 bouteilles) et une cuvée confidentielle Enclos de Sigognac (3 000 bouteilles) provenant de très vieilles vignes de 80 ans et qui est le résultat d’une vinification intégrale en barrique. La gamme compte également une petite production de blanc et de rosé. La famille est conseillée par l’œnologue Eric Boissenot.

Derrière ce classicisme résolument médocain et respectueux des traditions, il y a un jeune homme attachant, Louis Allard, une nouvelle génération qui a le courage de repartir de zéro pour se lancer dans une aventure d’envergure. Et pour cela, cela vaut de faire un détour pour découvrir ces jolis vins de passion et de plaisir.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

Château Sigognac
Médoc Cru Bourgeois 2014

Des arômes de cerise fraîche, fumées et d’épices douces, léger, une touche de menthe. Des tanins doux, un vin ouvert, une belle acidité, la rondeur et le fruité ressortent petit à petit. Un bel équilibre. Prêt à boire.
 

Médoc Cru Bourgeois 2012

Des arômes de chocolat et de café, de cerise noire et de prune, de thé. Belle rondeur fruité, une acidité fraîche, des tanins serrés. Un vin complet prêt à déguster. Très joli, avec du potentiel.
 

Médoc Cru Bourgeois 2010

Un nez frais sur des notes de cerise, de menthe, d’épices douces et de chocolat. Un beau fruité tout en rondeur, un joli corps corsé, puissant, des tanins serrés. Un vin avec du potentiel qui est déjà appréciable maintenant.

 

chateau-sigognac.fr

 

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La Rose Pauillac résiste à la pression

La cave coopérative La Rose Pauillac est un bel exemple de résistance et de conviction. Au gré des successions et sous la pression foncière, nombre de coopérateurs ont cédé leurs terres aux châteaux de l’appellation et la cave ne compte plus que 25 adhérents pour 25 hectares.
 

Jérôme Martin, Sylvie Rainaud et Nelson Chow

Nelson Chow a profité de son passage dans le Médoc pour venir découvrir cette cave au nom dont les consonances sont aussi poétiques que prestigieuses. Sous la présidence de Sylvie Rainaud depuis 2001, la seule coopérative de l’AOC, créée en 1933, est un bel exemple de solidarité dans la résistance au rouleau compresseur foncier. Ils sont aujourd’hui 25 adhérents représentant 25 hectares à confier leurs raisins à la cave.

La Rose Pauillac propose trois étiquettes : La Rose Pauillac, La Rose Pourpre et Château Haut de la Bécade, pour une production totale de 150 000 bouteilles. Les trois vins ont un profil très différent qui permet de répondre à des attentes et des moments de consommation diversifiés.

La cave est parfaitement équipée pour répondre aux plus grandes exigences de qualité. La vinification est opérée dans des cuves béton qui ont la particularité de se superposer sur trois étages. Le vieillissement se fait en barriques renouvelées d’un tiers chaque année.

La Rose Pauillac est le grand vin de la cave. Vieilli en fût de chêne, il a une belle structure, de la puissance, dense, il est l’expression parfaite du terroir de Pauillac et se prête à la garde. La Rose Pourpre est une cuvée majoritaire Cabernet Sauvignon et Petit Verdot avec une touche de Cabernet Franc. Un profil plus atypique qui bénéficie d’un vieillissement jusqu’à 18 mois en barriques. Château Haut de la Bécade est issu de 6,5 hectares situés dans le village de Bâges ; c’est un vin de longue garde.

 

Ce qu’en pense Nelson Chow

La Rose Pauillac 2015

Au nez, des senteurs de crème de cassis, de confiture de myrtilles, d’épices douces, de grain de café et de réglisse. Un très joli fruité tout en rondeur et une acidité fraîche. Des tanins doux mais encore serrés. Un bon potential.
 

La Rose Pauillac 2013

Au nez, de jolis arômes de menthe et d’épices douces, de crème de cassis et de cerise. Des tanins serrés et puissant dans un corps généreux avec de jolies notes fruitées. Peut être gardé et attendre 2 ans de plus avant de le déguster.
 

La Rose Pourpre 2015

Des senteurs de chocolat, d’épices douces et de même de caramel au nez, crème de cassis et baies cuites. Une belle rondeur du fruité, des tanins doux mais serrés et une belle acidité, le tout très bien intégré. Corsé. Peut être dégusté maintenant, mais attendez plutôt 5 ans de plus.
 

Château Haut de la Bécade 2015

Couleur violette de jeunesse. Au nez, la menthe, les herbes aromatiques, les épices, la cerise et la myrtille. Des notes fumées et toastées. De la puissance avec une acidité fraîche et élégante. Des jolis arômes de fruit. Un bel équilibre général. Les tanins sont fermes et mûrs. Peut attendre encore 5 à 8 ans.
 

Château Haut de La Bécade 2013

Au nez, des arômes de menthe et d’épices, de jeune cerise et de baies. Un corps généreux avec une belle acidité et de beaux arômes jeunes fruités. Le vin peut être gardé mais vous pouvez commencer à l’apprécier.

 

www.larosepauillac.com


Sylvia van der Velden