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Yves Chapier

18/12/2017
portrait d’un amoureux du vin

Homme discret au regard pourtant perçant témoin d’un caractère trempé et déterminé, Yves Chapier est un homme de passion. Ses racines vigneronnes ont forgé son tempérament et lui ont inculqué l’amour de la terre champenoise. Et l’envie de transmettre sa passion.

M. Martin, député de la Marne, remettant la médaille de l'Ordre du Mérite Agricole à Yves Chapier en 2011

C’est pourtant en mer qu’Yves Chapier s’est ouvert au vin. Après une formation en hôtellerie à Strasbourg, il embarque à bord du paquebot France. Une révélation ! Il y trouve un mentor qui l’initie au vaste monde du vin. Quand le France rentre définitivement au port en 1974, Yves décide de passer une mention complémentaire en sommellerie. Diplôme en poche, il assistera d’abord son père sur le domaine. Puis mettra le cap sur Paris où il travaillera au restaurant étoilé Les Anges.

Sa carrière prend son envol en 1981 lorsqu’il rentre chez Moët & Chandon comme 1er maître d’hôtel et sommelier dans la Résidence de Trianon, le lieu de réception de la célèbre maison de Champagne. Il sera également ambassadeur de la marque dans le monde. Il restera 30 ans au service de la maison.

Mais Yves Chapier est un homme d’action qui a soif de découverte et de défis. En parallèle de sa mission chez Moët & Chandon, il reprend les rênes du domaine familial en 1999. Et en 2000, il se laisse convaincre de prendre la présidence de l’Association des Sommeliers de Champagne-Ardenne, une mission qu’il poursuivra sans relâche jusqu’en 2014. Son engagement dans la vie associative de la sommellerie lui vaudra le titre de Maître Sommelier en 2002. Et il se verra remettre la médaille de l’Ordre du Mérite Agricole en 2011 par le député de la Marne.

De son parcours, Yves Chapier dit qu’il lui a permis de découvrir les vignobles du monde et surtout de partir à la rencontre des vignerons. Une étape essentielle pour un sommelier en tant que relais entre le producteur et le consommateur.

Mais il constate que « le vin est une culture difficile à transmettre. » Notamment auprès des jeunes générations de sommeliers. Yves Chapier regrette que la formation de sommelier ne soit pas assez bien considérée et structurée en France. Il reste encore fort à faire pour pérenniser les mentions complémentaires existantes, et côté image du métier, la Sommellerie Française et internationale devra continuer son combat pour promouvoir la profession. L’idéal, une formation plus longue et un encadrement de l’appellation « sommelier ».

Un combat qu’Yves Chapier continue de soutenir en tant que président d’honneur de l’association de sommeliers, et depuis ses vignes où il s’adonne aujourd’hui à 100 % au travail du raisin. Sa passion, son plaisir.

Sylvia van der Velden