Je m'identifie

Je m'abonne

N°157

Actuellement en Kiosque !

Je m'abonne

Coupe Castel du Jeune Sommelier d’Europe 2016 à Londres

05/12/2016
Nina Jensen (Danemark) fait coup double

Déjà victorieuse du concours du Meilleur Sommelier Nordique, cette jeune professionnelle du vin a remporté la 3e édition d’un concours qui prend de l’ampleur en même temps qu’il gagne en crédibilité. Les concurrents norvégien et britannique ont pris place sur le podium à ses côtés.

Nina Jensen

Dimanche 9 octobre, dix-sept sommeliers âgés de moins de trente ans et issus d’autant de pays ont débuté les épreuves de la Coupe Castel du Jeune Sommelier d’Europe. La troisième édition d’un concours créé par Châteaux & Domaines Castel afin de valoriser les talents prometteurs de la sommellerie européenne auquel était associée pour la première fois l’Union de la Sommellerie Française.

Dans un premier temps, tous avaient à déguster, décrire et identifier un vin blanc et un vin rouge puis à identifier quatre eaux-de-vie et spiritueux, le tout en 25 minutes. Place ensuite à un questionnaire, jugé « concentré mais très costaud » par Romain Bourger (The Vineyard à Stockcross), le Français vainqueur de cette compétition en 2015 sous les couleurs du Royaume-Uni. Enfin, une épreuve de service et une autre de commercialisation constituaient l’approche pratique du concours.

Confirmation du candidat norvégien

Le Français Maxime Brunet, qui envisageait sa participation comme une excellente préparation aux phases finales du Concours du Meilleur Sommelier de France prévues un mois plus tard à Toulouse, n’a pas réalisé la performance espérée. Le questionnaire qui abordait certains vignobles européens de manière très approfondie lui a fait toucher du doigt la réalité des compétitions internationales. Et s’il visait une place en demi-finale afin de se tester sur d’autres ateliers pratiques, le sommelier du restaurant William Frachot (Dijon) a dû se résigner à suivre la suite en spectateur.

Favori de par son expérience – il était déjà présent en demi-finale du concours A.S.I. du Meilleur Sommelier du Monde à Mendoza – le Norvégien Henrik Dahl Jahnsen a pour sa part confirmé la qualité de sa préparation en franchissant la première étape. Il était accompagné par Nina Jensen (Danemark), Ruben Kwakman (Pays-Bas), Marcel Przyborek (Pologne), Erik Simonics (Slovaquie) et Tamas Czinki (Royaume Uni).

Succès féminin inédit à ce niveau

De ces six candidats, seuls les trois meilleurs allaient disputer la finale le lundi après-midi. En effet, les deux épreuves du matin (carafage et service, accord mets et vins) avaient permis d’établir une hiérarchie bien nette. Henrik, Nina et enfin Tamas passaient dans cet ordre devant le jury. Correction d’une carte des vins erronée, dégustation en quatre temps, décantation et service et enfin accord mets et vins rythmaient la finale.

Au terme des délibérations du jury, Nina Jensen remportait le concours devant le représentant de la Norvège et celui du Royaume-Uni. Victorieuse, une semaine plus tôt du concours du Meilleur Sommelier Nordique, cette jeune femme de 23 ans qui évolue dans la salle du restaurant Anarki à Copenhague, est la première sommelière à s’imposer dans un concours continental vraiment représentatif en termes de candidats et de difficulté.

Quelques mois après la victoire mondiale du Suédois Jon Arvid Rosengren, cette performance souligne aussi la qualité du travail réalisé en Scandinavie afin de préparer au mieux les sommeliers engagés en compétition.

Quant au concours, parfaitement mis en scène par un comité technique qui réunissaient de nombreux Français présents sur le sol britannique, il devrait connaître une pause en 2017 avant de confirmer son internationalisation en 2018. Et c’est peut-être au Danemark, le pays du vainqueur, qu’il se déroulera alors.

Jean Bernard

Les représentants des 17 pays. A droite, les Français Romain Bourger, Clément Robert, Michel Hermet, Nicolas Clerc et Gérard Basset.

Gérard Basset a apprécié

Meilleur Sommelier du Monde 2010, la franco-britannique Gérard Basset a animé la finale. Et il a visiblement apprécié la qualité générale de l’épreuve et le talent des candidats présents en finale. « Pour un concours encore jeune, ce n’était que la troisième édition, j’ai noté beaucoup plus de points positifs que négatifs. Il témoigne en particulier d’une volonté de le situer à un haut niveau. On a pu vraiment le constater en finale. La gagnante, si elle est bien entourée, peut aller loin. Cette compétition constitue un excellent tremplin pour de jeunes sommeliers et elle peut nourrir les concours de l’A.S.I. car beaucoup ont les moyens d’y représenter leur pays au cours des prochaines années. C’est une bonne chose que des concours de ce type émergent car l’A.S.I. ne peut pas tout organiser. Il y a une vraie complémentarité qui peut s’établir et j’apprécie que Châteaux & Domaines Castel investisse ainsi en faveur de la sommellerie. »