Je m'identifie

Je m'abonne

N°157

Actuellement en Kiosque !

Je m'abonne

Paul Jaboulet Aîne : L’Hermitage pour blason !

01/08
Vignerons

Vignerons Côtes-du-Rhône

Paul Jaboulet Aîne : l’Hermitage pour blason !

Jaboulet

Sommeliers International : Jaboulet ! Une famille dont les Côtes du Rhône sont le fief,

avec l’Hermitage pour blason. A quand remonte l’histoire ?

Nicolas Jaboulet : La maison Jaboulet a ses racines à Tain l’Hermitage depuis 1834. Elle a été transmise de père en fils pendant cinq générations. A la sixième, que je représente, la décision de vendre a été prise ; nous avons donc cédé l’entreprise en janvier 2006 à la compagnie financière Frey.

S.I. : Néanmoins, la famille est toujours dans la maison.
Nicolas Jaboulet : Tout à fait. Avant la vente, nous étions sept membres de la famille impliqués dans l’entreprise, à différents échelons. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux : Frédéric qui s’occupe du marché français et d’une partie de l’export ; et moi-même qui m’occupe de l’autre partie export et du marketing.

S.I. : Entre exploitations en propre et négoce, comment est répartie l’activité ?
Nicolas Jaboulet : Au départ, la maison produisait essentiellement Hermitage et Crozes-Hermitage. Aujourd’hui, nous sommes présents sur toutes les appellations de la vallée du Rhône, du nord au sud. La maison possède cent hectares de vignes au total ; mais nous sommes toujours en veille pour accroître nos propriétés.C’est notre priorité. D’ailleurs Jean-Jacques Frey en a donné un signal fort dès son arrivée, en achetant deux hectares en Côte-Rôtie.
Pour prétendre être un bon producteur et un bon négociant, il faut bien connaître les régions, et pour bien les connaître, il faut produire.
Aujourd’hui, nous exploitons nos propres vignes sur toutes les appellations du nord : Condrieu, Côte Rôtie, Hermitage, Crozes-Hermitage, Saint Joseph, Cornas et Saint Péray ; dans certains cas, on complète par des achats de raisin.
Dans le sud, nous pensons à des acquisitions, c’est certain. Mais pour le moment, c’est de l’achat de raisin ou de vins. Les raisins sont vinifiés ici. Quant aux vins, on les rapatrie très jeunes pour les élever dans nos chais.


S.I. : L’Hermitage est-il toujours votre vin emblématique ?
Nicolas Jaboulet : Bien évidemment. L’Hermitage est une appellation fantastique. C’est tout petit : 130 hectares de coteaux, au-dessus de Tain l’Hermitage. Un sol et un terroir merveilleux, un cépage syrah qui s’y exprime vraiment bien. Nous y avons 25 hectares dont, on extrait tous les ans le meilleur pour produire notre grand Hermitage La Chapelle. C’est notre vin-icône, le fleuron de la maison Jaboulet et l’un des fleurons de la vallée du Rhône en rouge.

S.I. : Quels sont ses secrets ?
Nicolas Jaboulet : La syrah donne beaucoup de couleur au vin, de très beaux tanins et un potentiel aromatique assez intéressant. L’Hermitage La Chapelle, on l’a toujours travaillé de façon à produire un vin d’assemblage. Nous avons des sols un peu sablonneux sur le haut, on retrouve les galets du Rhône plus bas, on est sur un sol plutôt granitique à d’autres endroits. Pour l’Hermitage la Chapelle, on essaie d’extraire les meilleures barriques sur chacune des parcelles. L’une va produire des vins avec beaucoup d’élégance, une autre va apporter la complexité aromatique, une autre plutôt la complexité des tanins. Lorsque vous assemblez tout ça, vous avez une très belle harmonie et vous obtenez La Chapelle.

Jaboulet photo


jvinum

Jaboulet02

S.I. : A-t-il son alter ego en blanc ?
Nicolas Jaboulet : Nous avons la volonté de produire un Hermitage blanc La Chapelle ; on espère pouvoir le faire sur le 2006. Ce serait un juste retour au passé puisque L’Hermitage La Chapelle blanc existait dans les années soixante. On avait alors créé l’Hermitage blanc Chevalier de Sterimberg qui est toujours produit à ce jour.

S.I. : Les blancs des Côtes du Rhône ne souffrent-ils pas d’un certain déficit d’image ?
Nicolas Jaboulet : Quand un client cherche un vin blanc, il va d’abord chercher en Bourgogne ou sur la Loire ; pas forcément dans la Vallée du Rhône. C’est vrai. C’est là que le sommelier a un rôle important à jouer. Nos vins blancs, issus de Marsanne, Roussanne ou de Viognier, sont des vins très aromatiques, puissants, qui vont bien à la cuisine gastronomique. Notamment notre Hermitage blanc, Chevalier de Sterimberg – qui est magnifique après quelques années- sur des poulardes, des morilles ou des truffes ; et bien sûr, sur le fromage.

S.I. : Le néophyte, mal conseillé, ne risque-t-il pas de prendre un Crozes-Hermitage pour un Hermitage ?

Nicolas Jaboulet : On parle bien de deux appellations différentes. Crozes Hermitage, c’est la plaine qui nous environne et représente un peu plus de 1000 ha. Il y a donc moins de concentration que sur des coteaux. N’empêche que sur Crozes-Hermitage, on produit également des vins exceptionnels. Mais indiscutablement,

le terroir de l’Hermitage est beaucoup plus complexe.


S.I. : Commercialement, quelles sont vos priorités ?
Nicolas Jaboulet : Nous réalisons à peu près 65 % de notre chiffre à l’export. C’est à la fois beaucoup et raisonnable pour une maison comme la nôtre. Mais 35 % en France, ça signifie quand même que le marché français est notre premier marché. Il est prioritaire. On a 90 agents multicartes et 4 commerciaux France exclusifs. C’est une grosse artillerie dont les CHR sont la cible exclusive. C’était le choix qu’avait fait la famille, qui est aussi celui de la nouvelle direction. Privilégier les cavistes et chaînes de cavistes (type Nicolas et Repère de Bacchus) et la restauration. De la restauration très haut de gamme, évidemment, jusqu’à la brasserie.

Jaboulet_vignes

S.I. : A l’export, quels sont vos principaux marchés ?

Nicolas Jaboulet : Notre marché numéro 1, c’est les Etats-Unis, où l’on est actionnaires d’une filiale qui représente 25 % de notre chiffre. Ensuite vient l’Angleterre qui est en léger déclin mais où l’on vient de concentrer des efforts commerciaux avec la volonté de remonter la pente. Après, le Canada marche très fort ; puis l’Irlande, la Scandinavie. Et l’Asie – d’une façon générale – sur laquelle on va mettre le paquet car on est convaincu qu’il y a un potentiel de développement énorme.

S.I. : Des lendemains qui chantent ?

Nicolas Jaboulet : On essaie d’être dynamique à tous les niveaux.
L’entreprise a fait beaucoup d’investissements ces derniers temps. On a une ligne d’embouteillage et une cuverie très modernes, un chai d’élevage qui a un an, un parc de barriques neuves..

La maison va se tourner vers l’agriculture raisonnée sur l’ensemble de la production (on attend l’agrément).

On est en phase de certification pour ISO 14001, ISO 9000 pour lesquels on pourrait passer en fin d’année.

Nous avons la ferme volonté de tout mettre en oeuvre pour devenir une entreprise encore plus moderne.

Et sur le plan commercial, on va se donner les moyens pour être un peu plus présent sur les marchés.

Jean-Jacques BILLON
Domaine Nicolas Jaboulet
RN 7 - Les Jalets - BP 46
26600 La Roche de Glun
Tél.: 04 75 84 68 93

Fax : 04 75 84 56 14

www.jaboulet.com