Vignerons Bordeaux
Saga Lurton 1/2

André Lurton

Andre Lurton
 

Les vignobles André Lurton


Château BONNET
Entre-Deux-Mers, Bordeaux Rouge,
Réserve Bordeaux Rouge, Bordeaux Rosé

Château GROSSOMBRE
Bordeaux Rouge, Entre-Deux-Mers, Bordeaux Rosé

Château GUIBON
Bordeaux Rouge, Entre-Deux-Mers

Château COUHINS Lurton
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge.

Château “LA LOUVIÈRE”
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge,
L de la Louvière Blanc,
L de la Louvière Rouge,
L de la Louvière Rosé

Château de ROCHEMORIN
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge

Château de CRUZEAU
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge

Château COUCHEROY
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge

Château de QUANTIN
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge

Château Le LOUVETIER
Pessac-Léognan Blanc, Pessac-Léognan Rouge

LES VIGNOBLES ASSOCIÉS :

Château de BARBE BLANCHE
Lussac-Saint-Émilion (rouge)
Cuvée Henri IV du Château de Barbe Blanche,
Château de Barbe Blanche,
Château Prieuré Lalande,
Château Tour de Ségur.

Château DAUZAC
Margaux (rouge)
Château Dauzac,
La Bastide Dauzac,
Château Labarde

Qu’André Lurton, héréditairement porteur par sa lignée de la devise “Lurtonienne” : “Entreprendre, c’est la vie”… Construire, innover, risquer, persévérer jusqu’à la réussite, guidé par un goût immodéré de la vigne et du vin ; résolu à enrichir le patrimoine dignement conquis par ses ancêtres…
À Pierre Lurton, son neveu et fils spirituel, à qui il se risqua de confier à 22 ans l’auguste “Clos Fourtet”, aujourd’hui chef d’orchestre plébiscité par les crus les plus prestigieux de Bordeaux, d’Afrique du Sud, d’Amérique Latine ou encore de Californie… Quelques fables séculaires de l’atavisme vinifère des “Lurton”. Remonter jusqu’en 1858, date de naissance du précurseur “Léonce Récapet”, à nos jours, malgré l’intérêt frénétique que j’y ai trouvé, serait par trop ambitieux.

Deux ou trois choses que j’ai perçues d’André Lurton…

L’homme tout de dignité goguenarde est carré dans tous les sens du terme, visage, stature, ligne de vie, ligne de tête où s’imbriquent dans sa mémoire, indissociables, histoire et géographie…
Il me reçut sur les terres de son enfance au Château Bonnet et m’égrena, en propos quelques peu désordonnés, le très intense récit d’une vie passée au service du vin.
D’observances soutenues de part et d’autre, en présentations d’usage, satisfaits de notre introspection mutuelle, nous commençâmes bientôt à disserter comme de vieux complices…
André Lurton ouvrit la première fois des yeux profonds, malins, scrutateurs - il y a un certain nombre de printemps déjà - dans l’une des chambres du Château Bonnet, lors qu’à l’évidence, sous sa fenêtre, le ban des vendanges résonnait des durs labeurs, des rites festifs, d’odeurs vineuses des moissonneurs de grains. Ces turbulentes ambiances mêlées d’une pincée génique fixèrent dans ce cerveau naissant, une empreinte indélébile…
De là tous ses combats à venir tournèrent autour du vin. Le partage de l’héritage du grand-père RÉCAPET entre lui et ses frères et sœur, lui octroya Château Bonnet.

Hélas les premières récoltes sous leurs responsabilités se résumèrent (et pour cause : le gel de 1956) à une peau de chagrin. L’adage selon lequel “on sort toujours grandi” de situations pénibles prend ici tout son sens à travers le personnage d’André Lurton. Volontaire, perspicace, audacieux, voire téméraire, l’homme Lurton, pour s’être toujours intéressé à ce qui se passait autour de lui et notamment à l’agriculture possédait déjà plus d’un tour dans son sac. Il loua deux cents hectares de terre pour y produire des céréales et de la luzerne. Par la suite, il agença ingénieusement son hangar agricole en usine à transformer de la luzerne déshydratée, en granulés pour l’alimentation du bétail. Cette opération rentable, exploitée pendant dix ans, permit à André Lurton d’investir régulièrement dans le vignoble de Bonnet, puis de l’élargir, entre 1953 et 1995, de 30 à 300 hectares.
Parallèlement, en 1965, il s’oriente instinctivement vers le secteur des Graves, et mieux encore entrevoit les qualités inexplorées des terroirs qui devinrent, par lui, de PESSAC-LEOGNAN. Premier coup de foudre : le Château “LA LOUVIERE”, pourtant en état de délabrement avancé. Sans attendre de financer le travail colossal de réhabilitation sur la propriété, il prend en fermage le vignoble du Château de COUHINS, cru classé en Grave blanc, qu’il finira par acquérir, pour partie, en 1990. Rompu à l’exercice de la débrouillardise, il développe également tous les services annexes et nécessaires à l’exploitation autonome de son entreprise. L’ascension des vignobles André Lurton ne devait plus s’arrêter…
Ce que modestement, il tente de passer sous silence, c’est la vie parallèle qu’il mena, son existence durant, au bénéfice d’organisations professionnelles, lesquelles occupèrent quasiment 50 % de son temps et de son énergie

 Lurton Bonnet
D’ailleurs, Bordeaux pourrait s’enorgueillir aujourd’hui des avancées probantes de certaines appellations réalisées sous la férule d’André Lurton. De l’emprunt, négocié par lui en 1951 auprès du Président de la Caisse Nationale du Crédit Agricole, destiné à financer les futurs prêts consentis, pour un coup de pouce, aux jeunes agriculteurs, en passant par les réhabilitations qualitatives des vins de “L’ENTRE-DEUX-MERS” (devenus à 80 % très gouleyants) et de ceux de l’appellation “BORDEAUX”
(à nulle autre inférieure)… À la paternité de l’appellation “PESSAC-LEOGNAN”, laquelle produit le meilleur des Graves… Le parcours non-exhaustif des batailles qu’il vainquit avec force volonté…

Au vrai, ni chic, ni choc chez André Lurton, tout juste sommes-nous en droit de penser qu’il aime à relever les défis. “À tout seigneur, tout honneur”, à l’instar des chineurs d’art en tout genre, ce n’est pas la facilité qui le guide, mais bien un flair indicible certain. L’ensemble des propriétés acquises et estampillées “André Lurton” exhale un parfum d’altruisme à l’égard de sa clientèle et, malgré des disparités de terroirs majeures entre les appellations “Bordeaux”, “Entre-deux-Mers”, “Graves”, “Saint-Émilion”, “Margaux” ses flacons suggèrent de concert, sur quelque six cents hectares, l’empreinte d’une intention préméditée, délibérée.
Le génie de l’homme indiscutablement tient ici de la coordination d’un certain nombre de facteurs complémentaires ; le choix de ressources humaines compétentes se traduisant par des équipes opérationnelles performantes, responsables à tous les postes clés : viticulture, vinification, expédition, entretien, marketing, finances… ; une aptitude certaine à révéler pour chacune des A.O.C., l’expression typique, unique d’un terroir, d’un climat, d’une origine géographique ; une appétence sans borne à s’enquérir avec discernement de la progression contemporaine des techniques viticoles et œnologiques. J’en veux pour exemple, le tout dernier chai conçu et réalisé au château “de ROCHEMORIN” sur les terres de Graves de PESSAC-LEOGNAN. Deux ans auront été nécessaires pour parachever l’installation émérite de ce chai semi-enterré, agencé, équipé, dans le dessein de magnifier chacune des opérations viticoles conduites avec rigueur et perfectionnisme sur les vignobles, intégrant une densité de plantation élevée, une grande surface foliaire, l’entretien des sols, toutes façons de la taille aux vendanges ; mais aussi et surtout de transformer les récoltes en nectar, au moyen de techniques éprouvées ou totalement innovantes.
Point de mystère donc, mais un esprit vif, obsédé par l’idée d’une qualité sans cesse perfectible. Et la gageure n’est nullement de parvenir à ce niveau exceptionnel, mais fait plus rarissime, de le conjuguer au pluriel annuel de quatre millions de bouteilles !

D’aucuns, “MONSIEUR” André Lurton, auraient été tentés de vous enfermer dans une définition codifiée, résumant de quelques dates et en quelques mots, une vie, un être… mon propos s’inscrit davantage dans tout ce que vous accomplirez et entreprendrez encore demain, de par vos dispositions inlassablement perfectionnistes, voire intraitables, pour le plaisir de produire des vins d’excellence et celui, non moins important des consommateurs…
Anne-Marie Nouaille

 





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