Concours du Meilleur Sommelier du Monde 2010  Chili



L’heure de Gérard Basset a enfin sonné !

Présent pour la sixième fois sur la scène du monde, le Britannique, français d’origine, a enfin atteint son objectif en inscrivant son nom, à Santiago du Chili, au palmarès du Concours du Meilleur Sommelier du Monde organisé par l’ASI avec le soutien déterminant de Moët et Chandon, son partenaire historique



Ils étaient trois finalistes d’exception : Gérard Basset (Royaume Uni), Paolo Basso (Suisse) et David Biraud (France)… mais il n’en fallait qu’un au sommet et ce fut ce Français de 54 ans qui a choisi de vivre outre-Manche, de s’y marier et d’y devenir chef d’entreprise sans jamais renoncer (vraiment) à l’idée de devenir Meilleur Sommelier du Monde. Pourtant, il y a moins de deux ans, lors d’un dîner partagé avec Nina, son épouse, dans leur hôtel Terra Vina, près de Southampton, il était formel. Après la désillusion connue à Rhodes : « Pour moi, les concours c’est fini ! ». Il a donc finalement changé d’avis et, plus de 20 ans après sa première participation au concours mondial, il est revenu sur la scène pour inscrire, enfin, son nom en haut de l’affiche.

Mais avant de faire vibrer le public réuni dans l’immense Convention Center du nouvel hôtel W, les trois finalistes de cette 13e édition du concours, se sont frottés à deux séries d’obstacles. La première étape de sélection réunissait 51 candidats. Une liste dont Isa Bal, le Turc Meilleur Sommelier d’Europe en titre, était absent en raison de problèmes familiaux.

Tout a commencé par un ensemble de 75 questions à négocier en 90 minutes. Puis la dégustation de deux vins (un blanc, un rouge) à commenter par écrit et enfin l’identification de trois eaux-de-vie et spiritueux.

De quoi troubler de nombreux participants qui découvraient à cette occasion le contexte du plus prestigieux des concours internationaux.

 

Gérard Basset







David Biraud

Paolo Basso
 

Une demi-finale musclée

Une étape fatale, aussi, à l’Allemand Jurgen Fendt, pourtant finaliste à Athènes, en 2004.

En revanche, David Biraud négociait parfaitement ce premier défi, celui qu’il appréhendait le plus. « Je savais que pour moi la théorie constituait un handicap. J’ai donc passé les trois premiers mois de ma préparation à bachoter » reconnaissait le chef sommelier du Crillon pour expliquer ses progrès.

Il faisait donc partie des demi-finalistes en compagnie de Gérard Basset (Royaume Uni), Iulia Gosea (Roumanie), Véronique Rivest (Canada), Merete Bo (Norvège), Elyse Lambert (Meilleur Sommelier des Amériques – Canada), Paolo Basso (Suisse), Charles Aymerich (Espagne), Franck Moreau (Australie), Sören Polonius (Suède), Mori Satoru (Meilleur Sommelier Asie-Océanie – Japon) et Fabio Masi (Italie).

Une journée de repos et de décompression avec une découverte du domaine Concha Y Toro, permettait à tous de mettre le concours entre parenthèses avant une deuxième phase associant, une fois encore, théorie, avec une trentaine de questions, et pratique. «Ce fut le pire questionnaire jamais proposé en six participations» avouait humblement Gérard Basset.

 

Douze demi-finalistes dans l’euphorie de l’annonce de leur sélection : Gérard Basset, Iulia Gosea, Véronique Rivest, Merete Bo, Elyse Lambert,
Paolo Basso, Charles Aymerich, Franck Moreau, David Biraud, Sören Polonius, Mori Satoru et Fabio Masi.

«Le premier thème était là pour nous mettre en confiance, expliquait un peu plus tard David Biraud. Le contexte était celui d’un restaurant parisien deux étoiles au Michelin, dont un client régulier apporte une série de grands vins et demande une proposition de menu en fonction. J’ai pris beaucoup de plaisir à la composer. Mais la suite était plus musclée.

Les zones viticoles de la Grèce, les noms des clones du pinot noir, les districts de production de la Tequila ou encore l’identification de porte-greffe à partir de leur seul nom de code…»

Côté pratique, les sommeliers avaient ensuite neuf minutes pour procéder à la dégustation et à l’identification d’un vin blanc moelleux, d’un vin rouge et de trois eaux-de-vie et spiritueux pour commencer. Puis un accord met et vin à construire autour d’un vin rouge destiné à accompagner un plat à base de fruits de mer, oignon et coriandre.

Enfin, une bouteille de champagne bouchée avec agrafe était à servir à 7 personnes en quatre minutes…


Serge Dubs, président de l’UDSF et pierre angulaire du comité
technique 
a lancé le concours avec une première épreuve écrite.


David Biraud entre M. Chantôme et S. Dubs

Un show final !

Le comité technique, placé sous la responsabilité de Serge Dubs et Shinya Tasaki, qui n’avait cessé jusque-là de réserver des surprises, a poursuivi dans le même sens. Dès la première épreuve les candidats étaient surpris. Non seulement ils devaient servir deux coupes de champagne à des clientes, mais leurs compagnons avaient, pour leur part, choisi de déguster deux Negroni.

Et voilà les sommeliers qui se transformaient en barmen !

La suite fut plus classique. Paolo Basso puis David Biraud, jouaient juste, chacun dans leur registre. Mais le futur vainqueur, pourtant envahi par un doute profond trois heures avant le début de cette finale, allait, lui, surfer sur une vague d’aisance, de connaissances et de complicité avec le public. De quoi transformer sa prestation en un véritable show dont on connaît l’issue. Au point que son succès semblait clairement acquis avant l’annonce du palmarès. Et pourtant, à cet instant précis, il ne réagit pas de suite. Comme s’il n’y croyait pas. Ensuite, son visage s’illumina d’un large et généreux sourire. La sixième tentative était la bonne.

Mais avant de parler de vacances pour effacer les traces de la tension accumulée au cours de cette semaine chilienne comme celles des efforts consentis au rythme de six heures de travail quotidien pour être prêt le jour J, Gérard Basset associait à son succès son épouse, Nina, et leur fils Romané.

Une conclusion pleine d’amour et de fraîcheur.

ECHOS

Les femmes à l’honneur

Huit sommelières, sur cinquante et un candidats, étaient présentes au Chili et quatre d’entre elles, Iulia Gosea (Roumanie), Véronique Rivest (Canada), Merete Bo (Norvège), Elyse Lambert (Meilleur Sommelier des Amériques – Canada), ont atteint la demi-finale. Mais elles ne sont pas contentées de bien figurer et de faire naître l’espoir que, très bientôt, l’une d’entre elle atteindra le sommet : elles ont raflé les Accessits ! Le prix Acqua Panna - San Pellegrino est revenu à Iulia Gosea et le prix Peter Lehmann à Véronique Rivest.




Véronique Rivest reçoit le Prix Peter Lehmann
par M. Vergara et Astrom.

Un chèque pour aider le Chili

Si l’Association des Sommeliers Chiliens, avec la structure Wines of Chili, a tenu à mener à bien l’organisation de ce 13e concours, le tremblement de terre qui a frappé le pays a laissé des traces dans les cœurs et dans les vignobles. Les associations membres de l’ASI ont donc décidé de marquer d’un geste fort leur soutien à ce pays et Philippe Faure-Brac, trésorier, a remis un chèque de 21.000 $ à Hector Vergara, président de l’ASC, lors de la soirée de clôture du concours.



 


Philippe Faure-Brac, trésorier de l’ASI,
remet un chèque de soutien à Hector Vergara, Président de l’ASC.


Prochain rendez-vous
à Strasbourg

Le prochain grand concours de l’Association de la Sommellerie Internationale aura lieu à Strasbourg, du 20 au 23 novembre prochains. On connaîtra alors le nom du nouveau Meilleur Sommelier d’Europe, au terme de ce rendez-vous fixé sur les bords du Rhin par l’Union de la Sommellerie Française et le Comité Interprofessionnel des Vins d’Alsace dont le président, Jean-Nicolas Schaeffer, était présent au Chili pour livrer les détails du programme.

Le Meilleur Sommelier d’Asie et Océanie sera, lui, sacré en Corée du Sud en 2012 alors que le concours mondial, 14e du nom, se déroulera l’année suivante au Japon.

 


Le podium : Gérard Basset, entouré
de Paolo Basso et David Biraud.

Textes et photos Jean BERNARD
 

Photos de la manifestation...






 





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