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Finale du Meilleur ouvrier de France au Pr? Catelan

09/11
Concours
Concours Paris
Finale du Meilleur ouvrier de France au Pré Catelan

Manuel Peyrondet, Benjamin Roffet, Antoine Petrus et Bruno Méril sont les lauréats de la quatrième édition de ce concours placé sous l’égide de Philippe Faure-Brac, directeur de classe, à l’issue des épreuves organisées au Pré Catelan.

Comme en 2000, lorsque pour la première fois les sommeliers ont rejoint la famille des métiers pouvant prétendre au titre de ‘un des meilleurs ouvriers de France’, ce sont quatre MOF qui ont été désignés à l’issue de la finale. C’était le lundi 16 mai 2011, et douze candidats issus de la sélection organisée quelques mois plus tôt, avaient rendez-vous dans les salons du ‘Pré Catelan’.
Face à eux, pour une bonne partie de la journée, un jury de professionnels, sommeliers bien entendu, parmi lesquels on comptait pas moins de trois Meilleurs Sommeliers du Monde et sept MOF issus des précédentes promotions, mais aussi des Chefs de cuisine reconnus sans oublier Michel Hermet, le nouveau président de l’UDSF. Si la tension était visible sur les visages des candidats, c’est que pour tous l’enjeu était de taille. Et lorsque les épreuves ont débuté par un questionnaire qui faisait appel aux connaissances, bien sûr, mais aussi beaucoup à la culture et à la réflexion, certains ont été un peu décontenancés. Mais ce concours n’est pas comme les autres, il doit donc afficher sa différence.
Les douze finalistes se sont ensuite un peu plus retrouvés dans leur élément, dégustant et commentant d’abord trois vins issus du cépage Gamay du Val de Loire. Puis ils ont dû faire preuve d’écoute et d’expérience lors d’une épreuve de commercialisation et enfin celle de gestion.


Le service: 50 % de la note finale

Par tirage au sort, chacun s’est vu attribuer deux tables afin d’en assurer le service. D’un côté deux convives curieux et connaisseurs en matière de vin et de l’autre quatre personnes partageant un dîner d’affaires. Des menus différents, quelques petites surprises en cours de repas et plus de deux heures de vigilance, un éternel sourire aux lèvres et une disponibilité de tous les instants. Exactement ce que l’on peut attendre d’un sommelier au restaurant.

Les finalistes avaient à leur disposition une carte des vins proposant une trentaine de références de très haut niveau avec une petite touche internationale.
«Des bouteilles offertes par des vignerons qui ont décidé de marquer leur attachement à notre profession et nous permettre ainsi d’être à la hauteur de cet événement», soulignait Olivier Poussier qui en avait la responsabilité.
La grande salle s’est vite transformée en ruche, les candidats devant également gérer un commis sommelier et faire ainsi preuve de leur aptitude à déléguer mais également conseiller. Une multitude de tâches qui justifie d’ailleurs que cet atelier de service représente la moitié du total des points en jeu lors de cette finale.
C’est là, sans doute, que certains ont rattrapé leur retard et que d’autres, peut-être, ont laissé filer un peu de leur avance.
Une vérité des notes qui est restée dans le secret des délibérations du jury. Lequel a donc choisi de retenir quatre candidats qui recevront médaille et ruban tricolore dans les salons du Palais de l’Elysée.
«Je pense que nous avons là une belle promotion», avouait Philippe Faure-Brac après la lecture du palmarès. Directeur de la classe sommellerie au sein du comité d’organisation, il soulignait aussi que cette «consécration récompense des gens qui ont déjà gagné d’autres concours ou bien s’y illustrent régulièrement. Il y a donc une certaine logique de les retrouver à ce niveau. Mais ma satisfaction va aussi à la qualité du jury. Nous nous appuyons aujourd’hui sur un socle solide avec un sérieux et une organisation qui nous valent le respect des représentants de l’Education nationale.»
Les acteurs d’un concours unique en son genre qui se retrouveront dans quatre ans…

Jean BERNARD

Parole de MOF


Benjamin Roffet: «Au fond du cœur, la sensation était plus forte il y a quelques mois lorsque je suis devenu Meilleur Sommelier de France. J’avais l’impression de ressentir plus de pression. A quelques semaines d’intervalle, j’ai vécu deux concours très différents. L’un qui réclame beaucoup de connaissances et l’autre où tout ou presque se joue sur le grand service.»

Antoine Petrus, finaliste malheureux en janvier en Val de Loire, a profité de ce MOF pour effacer sa déception: «Il y a une immense satisfaction et en cet instant, je pense surtout à mes débuts en 2003 au côté de Paul Bocuse, pour qui ce col tricolore a tant d’importance, et de John Euvrard qui préparait alors la deuxième finale des sommeliers. Ce sont eux qui m’ont transmis le virus!»

Manuel Peyrondet, Meilleur Sommelier de France 2008 à Perpignan: «J’ai connu de sérieuses périodes de doute tout au long de la matinée. Ce questionnaire où il fallait débattre, cette carte des vins avec des erreurs qui servait de base à l’atelier de gestion ou encore la commercialisation autour d’un projet de repas d’anniversaire sur les plats emblématiques de grands chefs, tout cela était un peu perturbant. Heureusement, lorsque Philippe Faure-Brac a rappelé que l’épreuve de service comptait pour la moitié des points, j’ai mis le paquet!»

Bruno Méril est un voyageur. Breton d’origine, il est Marseillais de cœur et Luxembourgeois d’adoption. Un pays dont il a d’ailleurs porté les couleurs lors du Mondial 2004 organisé en Grèce. Tout comme Manuel Peyrondet, il était finaliste à Evian, il y a quatre ans. Il sera le premier MOF issu des métiers de l’hôtellerie et de la restauration installé au Luxembourg : «De tous les lauréats, je suis le seul qui travaille dans sa propre affaire et je pense aussi que je suis le seul dont l’établissement apparaît dans le Guinness Book pour la plus grande carte des vins du monde, on y trouve 2.300 références. Désormais, ils vont pouvoir ajouter une ligne pour expliquer aussi que je suis MOF!»

Les finalistes

Adrien Falcon (Le Lancaster, Paris)
Bruno Méril (Le Chiggéri, Luxembourg)
Antoine Petrus (Lasserre, Paris)
Manuel Peyrondet (Le Royal Monceau, Paris)
Franck Ramage (Lycée hôtelier Albert de Mun, Paris)
Benjamin Roffet (Le Trianon Palace, Versailles)
Yannick Rizzi (Cave XV sur Vin, Grenoble)
Christophe Santos (La Maison Pic, Valence)
Frédéric Schaaf (Cave Frédéric Schaaf, Ecully)
Philippe Troussard (Les Caudalies, Besançon)
Denis Verneau (La Mère Brazier, Lyon)
Antoine Woerlé (Lycée hôtelier Alexandre Dumas,
Illkirch-Graffenstaden).

Les membres du jury

Philippe Faure-Brac, directeur de la classe sommellerie, était entouré par Olivier Poussier et Serge Dubs mais aussi Michel Hermet, Arnaud Chambost, Eric Duret, Christian Péchoutre, Dominique Laporte, Laurent Derhé, John Euvrard, Fabrice Sommier, Catherine Doré, Paul Brunet, Jean-Luc Jamrozik, Georges Lepré, Didier Bureau, Jacques Boudin, Michèle Vételé, Gilles Ozzello, René Bergès, Emile Jung et Michel Trama.