
Philippe Faure-Brac et Manuel Peyrondet.

Manuel Peyrondet, Alain Delort (A.S.P.), Franck Labeyrie
Château du Coureau
Labeyrie Père & Fils
33550 Haux
Tél : +33 (0) 5.56.23.05.03
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www.chateauducoureau.com
Rhum Clément
www.rhum-clement.com
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L’élevage en immersion, un projet séduisant
Le concept ? Immerger durant quatre mois quelque 8000 bouteilles de
vins et spiritueux pour étudier l’impact des mouvements marins. Franck
Labeyrie et Dominique de la Guigneraye avaient choisi de conduire
l’expérience dans le cadre d’un protocole expérimental mise en place
par la faculté d’œnologie de Toulouse. C’est l’œnologue Jean-Christophe
Simon qui était en charge du suivi « scientifique », analysant les
propriétés gustatives des bouteilles soumises à la pression horizontale
de l’eau et au reflux des marées. Une fois l’étanchéité assurée par un
surbouchage en plastique, les flacons ont été immergés dans des poches
à huîtres durant quatre mois.
L’attente était vive lors de la levée des bouteilles, le 21 juin, aux cabanes Chanquet de La Teste (classées par l’UNESCO)…
Des arômes de la mer ?
Franck Labeyrie, initialement inspiré par un reportage de Thalassa, a
réussi à s’adjoindre des partenaires pour immerger les milliers de
bouteilles de vins et spiritueux... et les protéger ensuite de toute
convoitise. L’expérimentation continue, car, comme le précise
Jean-Christophe Simon, « quatre mois, c’est un délai trop court pour
effectuer des analyses en profondeur. Mais cela confirme déjà ce que
l’on savait de l’effet bénéfique du système de balancier sur la rondeur
des vins. » Même son de cloche chez Dominique de la Guigneraye : « Les
mouvements du monde marin, les différences thermiques forment un autre
univers. On retrouve dans le rhum un côté iodé qu’il n’a pas
naturellement, cela lui confère une saveur totalement différente ».

Manuel Peyrondet a ainsi eu la primeur de déguster deux flacons soumis
à l’expérience : un Château du Coureau 2008 et un Rhum agricole
Clément, produit par distillation directe de pur jus de canne. Son
sentiment ? « En matière de recherche sur la concentration et le
volume, l’audace paie. Cette opération permet de rassembler les
passionnés d’ostréiculture autour du vin. Le constat est assez
prononcé, avec un vin de type nouveau au niveau aromatique.
D’expérience, on sait que les vins qui vieillissent dans de grandes
caves fraîches ont beaucoup plus de panache que les autres. Ce peut
être le cas ici aussi, avec des avancées sur les nuances iodées et le
type de minéralité recherché ».
De fait, soumis à l’air marin, le caractère exubérant des cépages
(Sauvignon, Sémillon et Muscadet) s’exprime de façon plus raffinée dans
les vins immergés. Et Manuel Peyrondet de conclure : « Ils révèlent
davantage de finesse, qui suggère la citronnelle en infusion, la
salinité, la légèreté ».
Dégustation comparative de Château du Coureau 2008 et du « Blanc des Cabanes » par Manuel Peyrondet, Meilleur Sommelier de France
« A l’analyse organoleptique, le vin suggère une certaine salinité. On
distingue un côté végétal, une note mentholée. En bouche, le cépage est
moins mis en avant dans le témoin immergé, mais le vin gagne en
subtilité avec plus de sapidité et de longueur. L’attaque est aussi
vive que pour le vin témoin, avec la même fraîcheur. On sent
l’exubérance du Sauvignon (agrumes, pamplemousse, végétal, buis…) ; la
palette aromatique est plus subtile, plus fondue. »
Christelle FAURE-NEMERY
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